Le cyberespace : un sujet corrigé-commenté d’étude de documents

Voici un sujet de HGGSP proposé à mes élèves de Terminale. Il me semble en effet que l’exercice d’étude de documents est celui qui permet le plus facilement de comprendre et mémoriser les éléments de connaissances qu’on a besoin d’utiliser dans une dissertation et que s’entraîner sur des études de documents en début d’année aide beaucoup ensuite à pouvoir avoir construire des dissertations.

Sujet n°1 Le cyberespace : conflictualité et coopération entre les acteurs

 » En analysant les documents, en les confrontant et vous appuyant sur vos connaissances vous répondrez à la question suivante : Le cyberespace génère-t-il de nouveaux rapports entre les acteurs ? »

Document 1 : Une concentration considérable de « data centers » aux États-Unis

Capture carte interactive du site Data Center Map : https://www.datacentermap.com/

(site web gratuit danois datant de 2007, fournissant de très nombreuses données sur les data centers et qui se finance grâce à la publicité des annonceurs).

Document 2 : Gafa américains versus BATX chinois : qui va gagner ?

« Les champions chinois de la tech sont encore loin de la performance de Google, qui a franchi jeudi le cap des 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière. Sans être aussi internationaux que les Gafa, les BATX chinois sont cependant des puissances technologiques à part entière.

La flambée boursière de Google, qui vient de passer la barre des 1.000 milliards de dollars de capitalisation, pourrait suggérer à première vue que les champions américains ont remporté la partie face à Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi.

Ces mastodontes forment le quatuor central de la tech chinoise, auquel on pourrait cependant rajouter Huawei (numéro un mondial des équipements télécoms), ByteDance (propriétaire du réseau social TikTok) ou encore DJI, le plus gros fabricant de drones de la planète. Après Apple, Amazon et Microsoft, Google est le quatrième Gafa à franchir le seuil symbolique des 1.000 milliards . Aucun BATX n’a jamais franchi ce cap. Mais les champions chinois de la tech n’ont pas dit leur dernier mot pour autant. Avec 491 milliards de dollars de capitalisation, Tencent, le géant chinois des réseaux sociaux et des jeux vidéo, a fait… la moitié du chemin. En Bourse, le groupe n’est plus très loin de Facebook (623 milliards).

La Chine forte sur le hardware, plus faible sur le software

Mais ses utilisateurs sont encore deux fois moins nombreux. 1,1 milliard de personnes utilisent WeChat et QQ, les deux messageries de Tencent, contre plus de 2 milliards pour Facebook, Instagram, Messenger et WhatsApp, les quatre services du groupe de Mark Zuckerberg. Car c’est bien là que se trouve la principale différence entre les Gafa et les BATX chinois. Les premiers sont des acteurs mondiaux. Les seconds restent largement cantonnés au monde sinophone. Question de langue, mais pas uniquement. « Traditionnellement, la Chine a toujours été plus forte sur le hardware que le software » résume François Godement, spécialiste de l’Asie à l’Institut Montaigne à Paris.

Sur les équipements, la Chine a en effet réussi à faire émerger des poids lourds mondiaux. Trois des cinq plus grands fabricants de smartphones (Huawei, Xiaomi et Oppo) sont des acteurs chinois. En revanche, les services « made in China » comme WeChat ou Alipay (paiement mobile) ont du mal à sortir des frontières de l’empire. Non seulement les réflexes numériques sont déjà bien établis en Europe et aux États-Unis (Google pour le search, Spotify pour la musique, Netflix pour les séries…) mais les géants chinois sont aussi perçus comme moins regardants sur la protection des données personnelles, ce qui freine leur développement hors de Chine.

À ce stade, seule l’application TikTok a réussi une percée fulgurante à l’international, y compris aux États-Unis. Plus de 26 millions d’Américains utilisent la plate-forme, dont 60 % ont entre 16 et 24 ans, selon les chiffres officiels. Mieux, en 2018, TikTok a été davantage téléchargée dans le pays que Facebook, Instagram ou Snapchat.

Ce défaut d’internationalisation n’a cependant pas empêché les BATX chinois de devenir des puissances scientifiques et technologiques à part entière. Comme les Gafa, les BATX sont sortis de leur métier d’origine dans un grand mouvement de diversification .

Divertissement, voiture autonome, paiement mobile, intelligence artificielle… Les champions chinois dépensent des milliards et recrutent au cœur de la Silicon Valley pour prendre le leadership mondial sur ces secteurs. En réalité, la course sino-américaine se joue domaine par domaine. Avec WeChat Pay et Alipay, Tencent et Alibaba ont généralisé le paiement mobile, y compris pour les dépenses les plus anodines. En revanche, Apple Pay n’a pas encore installé la « société sans cash » aux Etats-Unis… »

Raphaël Balenieri Les Échos, 18 janvier 2020 : https://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/gafa-americains-versus-batx-chinois-qui-va-gagner-1164140

Comment la consigne est-elle rédigée ?

Pour rédiger la consigne je me suis appuyée sur l’exemple fourni dans le sujet 0 que l’inspection nous a proposés et qui commençait par ces mots : « En analysant les documents, en les confrontant et en vous appuyant sur vos connaissances, répondez à la question suivante :« 

Personnellement il me semble qu’une consigne formulée ainsi : « Après avoir présenté les documents vous montrerez ce qu’ils peuvent apporter pour répondre à la question suivante :… Pour cela vous vous appuierez sur vos connaissances », serait plus simple… voire aucune consigne !

Donc attention au Bac la consigne risque de ne pas mentionner le fait qu’on doit présenter les documents ce qui est pourtant l’élément absolument incontournable de l’exercice : on ne peut pas utiliser les informations d’un document si l’on n’a pas préalablement vérifié sa source !

Comment les documents ont-il été choisis ?

J’ai choisi 2 documents de nature différente : une carte (c’est effectivement un des types de documents les plus susceptibles d’être proposé au Bac) et un texte (ici un article de journal très informatif -mais allusif– car il me semble qu’à ce stade de l’année c’est une manière d’ancrer et de préciser les connaissances du thème.

Au Bac on sera davantage susceptible d’avoir un texte qui va analyser une situation). On risque aussi de tomber sur des caricatures ! (voir un exemple d’analyse de caricature sur le Moyen Orient ici)

Le document 2 est trop long par rapport à ce qu’on donnerait au Bac. Il est important quand on le lit de surligner les éléments importants (or il s’avère que beaucoup d’élèves en devoir, ne s’approprient pas les polycopiés qu’on leur donne, n’osent rien écrire : sans doute gagneraient ils du temps à avoir toujours le même code couleur -même si cela fait un peu bébé en Terminale- pour repérer la nature, la source, le thème et les idées qu’il aborde puisque ces éléments surlignés en couleur vont nécessairement devoir se retrouver dans la copie)

Quelle proposition de corrigé ?

« Le cyberespace est cet espace de communication de l’ère d’Internet qui s’est mis en place à partir de 1990 et s’est développé à une vitesse accélérée. Il est constitué par les infrastructures réseau (comme les « data centers » et les câbles), les terminaux utilisateurs (ordinateurs et « Smartphones »), les logiciels (qui le font fonctionner) et les données transportées sur le réseau. Il met ainsi en relation de nombreux acteurs (individus, entreprises, États) qui utilisent tous cet espace de communication mais dont les intérêts sont différents voire divergents, ce qui est à l’origine de possibles et nombreuses conflictualités. En même temps ce nouvel espace offre de nouvelles perspectives de coopération. »

Un paragraphe d’accroche qui peut être recyclé en dissertation : on y définit le cyberespace et résume les principaux éléments de connaissance le concernant. Peut-être un élève de Terminale a-t-il intérêt à avoir en stock, appris quasiment par cœur, ce type d’accroche pour gagner du temps dans une entrée en matière puisque cela peut servir dans les 2 types d’exercices.

« Ainsi les deux documents que nous allons analyser illustrent ces deux aspects intrinsèquement liés dans le cyberespace : une concurrence féroce entre les différents acteurs pouvant aller jusqu’à une nouvelle forme de criminalité et, d’un autre côté, de nouvelles formes de coopération, impossibles avant l’ère d’Internet. »

phrase de transition qui raccroche les documents au thème général par le mot de liaison « ainsi » et le verbe « illustrer » (on peut les utiliser quasiment systématiquement). (On a aussi dans notre stock de verbes utiles dans nos exercices les verbes « refléter » et « symboliser » )

« Le premier document est en effet une capture écran d’un site internet danois montrant la répartition des « data centers » aux États-Unis en 2020 ; le second est l’extrait d’un article du journal économique les Échos, daté de janvier 2020 intitulé : « Gafa américains versus BATX chinois : qui va gagner ? ». « 

présentation sommaire des 2 documents (nature, source, date, thème). On remarque qu’à ce stade de l’analyse, on ne donne pas les informations apportées par ces documents. Ainsi on écrit qu’il est question de la « répartition des « data centers » mais l’on n’écrit pas qu’ils sont surtout concentrés en Californie, dans la Mégalopole et la région des Grands Lacs…

« L’un comme l’autre sont accessibles instantanément depuis n’importe quel terminal relié à Internet. C’est notamment cet aspect qui caractérise le cyberespace : l’accessibilité immédiate d’informations extrêmement variées et parfois de très bonne qualité. »

Une petite remarque critique sur la nature de ces documents : le sujet sur le cyberespace s’y prête. On est dans une sorte de mise en abyme. On travaille sur un sujet (le cyberespace) avec des documents disponibles sur le cyberespace.

Il est plausible qu’au Bac de tels sujets utilisent des documents dont la source est une adresse internet

Attention ! On s’aperçoit à ce stade que je n’ai pas annoncé de plan : quel sacrilège !

A vrai dire le plan d’une étude de documents est très intuitif à notre niveau (Bac) parce que la démarche intellectuelle est analytique et non synthétique comme en dissertation. On commence toujours par faire la critique externe des documents (nature, source, date et contexte, thème)- c’est-à-dire par vérifier qu’ils sont d’une qualité suffisante pour exploiter les informations qu’ils fournissent et, ensuite, si on manque de temps (ce qui est le cas quand on n’a qu’un peu moins de 2 h) on peut se contenter de les analyser en procédant par association d’idées, éventuellement en commençant par le plus général.

Le sujet nous demande certes de « confronter » les documents (c’est marqué ) et il est problématisé (on est donc sensé répondre à la question qui est en réalité une problématique de dissertation). Mais franchement, si un candidat au Bac pour cet exercice est déjà capable de présenter les documents, d’en tirer de l’information triée, de l’expliciter avec ses connaissances et de faire à l’occasion une réflexion critique sur la portée des documents, le tout dans un français correct, c’est déjà tellement bien, que le reste relève de ce qu’on peut faire quand on est un bon candidat au Capes ou à l’Agrégation (ces concours de recrutement des professeurs à Bac + 5) , qu’on a à la fois quelques années de plus et surtout davantage de temps d’apprentissage !

Il me semble plus judicieux de prendre le temps travailler le plan et son annonce dans l’autre partie de l’épreuve (on montrera ainsi au correcteur qu’on a compris ce qu’est un plan argumentatif).

« Effectivement le premier document est tiré d’un site danois Data Center Map.com qui est un site Internet sécurisé (on le voit à son adresse en « https:// ») disponible sur le « web » cette toile d’araignée développée à partir de 1990 sous le nom de « World Wide Web » et l’abréviation « www ». Il s’agit d’un site de 2007 qui présente des cartes interactives (mises à jour en permanence) montrant notamment la localisation des un peu plus de 4 000 « data centers » répartis à travers le monde, qui permettent le stockage et le réacheminement instantané des données qui circulent sur Internet. »

Présentation détaillée du 1er document : nature, date, source, thème

« Ce type de site est fréquent sur Internet : il s’agit d’initiatives, souvent à but non lucratif, qui fournissent des informations en espérant en retour que la fréquentation du site ramène des recettes publicitaires et permette de vendre des services en rapport avec ce monde d’Internet. »

« On peut donc considérer que les informations fournies sur ces types de sites sont fiables puisque sinon ils risqueraient de ne pas être pris au sérieux par les acteurs du web qui recherchent leur services. »

remarque critique sur ce premier document : il est important à ce stade de montrer au correcteur qu’on a compris que, quand on a pris le temps de montrer la qualité d’un document, on peut ensuite en profiter pour utiliser les informations qu’il fournit (il y a juste à les expliciter et non essayer de les nuancer ou de les contredire)

« C’est également le cas du journal économique en ligne Les Échos qui, comme la plupart des journaux papier, a désormais une version en ligne : c’est d’ailleurs l’un des premiers quotidiens français à avoir lancé dès 1996 une version en ligne (modèle ensuite copié par tous les quotidiens). C’est un journal économique d’inspiration libérale, connu pour le sérieux de ses articles. Il s’intéresse à l’évolution économique du monde mondialisé. Par conséquent l’un comme l’autre des documents qui nous sont proposés sont susceptibles de fournir des informations précises et utilisables. »

Présentation du 2e document (dans l’article sur la vente des Rafale à l’Inde voir ici nous avions rencontré un autre journal économique en ligne La Tribune. Il peut être intéressant de se faire une petite liste de ces magazines d’information qui sont de sources d’information précieuses sur certaines de nos thématiques de HGGSP.

« Tous les deux sont récents (2020) et s’inscrivent dans ce contexte d’explosion du monde d’internet marqué par l’avance considérable des États-Unis. Ce sont en effet les créateurs des technologies de pointe qui ont permis le développement de ce cyberespace : l’électronique est née à la Silicon Valley à proximité des grandes universités de San Francisco (Berkeley, Stanford), l’informatique, les principaux logiciels, les premiers réseaux (Arpanet), le système d’adresses (organisé par l’ICANN cette organisation qui s’est définitivement structurée en 1998 et est basée en Californie), les Smartphones (avec Apple à partir de 2008), les nouvelles applications liés au développent du www (moteur de recherche Google, réseaux sociaux comme Facebook, commerce en ligne) sont principalement américaines.

Mais l’avance des États-Unis dans ce secteur n’empêche pas que le monde entier utilise ce cyberespace et qu’un nouveau et très important concurrent : la Chine se profile à la fois par son poids économique, son poids démographique -1,4 milliard d’habitants- et géopolitique tandis que les grands pays industrialisés développés (notamment ceux d’Europe, le Japon, la Corée du Sud et Taïwan) mais aussi l’Inde émergente tirent aussi leur épingle du jeu dans cet essor économique d’un nouveau secteur. »

Voilà une présentation du contexte général dans laquelle j’utilise mes connaissances générales sur le cyberespace. On s’aperçoit ici que 100 % de ce qui est écrit peut être recyclé dans une dissertation.

Donc à l’issue de la critique externe je suis armé pour exploiter les informations : il suffit juste de lire les documents et de les expliciter en utilisant quelques connaissances et de mettre en relief ce qui est le plus important.

L’idée est ici de rédiger sa copie pour un camarade de Terminale qui n’a pas encore traité le cours, n’a plus les documents sous les yeux (plutôt pour l’étude de documents) ou pour un grand-parent qui a besoin à qui qu’on lui présente quelque chose de nouveau (plutôt pour la dissertation) et en faisant l’effort d’écrire dans sa copie (et de ne pas le garder dans sa tête) des choses qu’on sait mais qu’on ne savait pas de manière aussi précise avant de travailler le chapitre.

« La carte proposée montre une concentration particulière de « data centers » dans les régions à la fois les plus peuplées des États-Unis et les plus concernées par l’industrie de pointe : la concentration la plus forte se trouve dans la Mégalopole de la côte Est (Boston-Washington) et la région des Grands Lacs avec respectivement 452 et 310 « data centers » répertoriés par la base. C’est effectivement dans cette région de la « Manufacturing Belt » (selon l’expression du géographe Gérard Dorel) que se concentrent 60 % des Américains. Elle a été le moteur de l’essor économique des États-Unis après la guerre de Sécession et surtout à partir de la deuxième Révolution industrielle à la fin du XIX e siècle. »

« Toutefois on remarque également une forte concentration de ces équipements dans ce qu’on qualifie de « Croissant périphérique » : cette région des États-Unis qui va de la Georgie (Atlanta) à la frontière canadienne (Seattle) en passant par des États qui ont connu depuis les années 1960 un essor économique considérable : la Floride, le Texas (grâce au pétrole et à l’aérospatiale), la Californie (avec l’essor de la Silicon Valley à San Francisco mais aussi l’importance l’industrie cinématographique de Los Angeles). Cette région ne concentre que 30 % de la population mais on lit sur la carte qu’on trouve une concentration encore plus forte de « data centers » : 294 pour la Floride-Georgie, 185 pour le Texas, 244 pour la Californie et 108 pour l’État de Washington : c’est plus que pour la « Manufacturing Belt »

Très logiquement le reste du territoire beaucoup moins peuplé est également beaucoup moins équipé sans être pour autant dénué de ce type d’équipements, le principe d’internet étant que les paquets de données à transférer peuvent toujours être acheminées vers d’autres serveurs et « data centers » quand un tronçon est provisoirement indisponible. »

Une analyse de la carte des États-Unis qui s’appuie sur ce qu’on est sensé connaître de l’organisation économique de pays. Sauf qu’avec les changements de programme nos élèves de Terminale ont étudié cela en Quatrième… et n’ont a priori pas de présentation générale et sérieuse de la géographie des États-Unis. Ils étudient la « métropolisation » en Première, la mondialisation en Terminale, évoquent la puissance en Première HGGSP.

« Il aurait été intéressant d’avoir la répartition de ces équipements à la même échelle pour l’Europe occidentale pour voir si la libre circulation à l’intérieur de l’Union Européenne a abouti au fait qu’aucun État ou aucune entreprise ne s’inquiète de dépendre ou non de « data centers » qui ne sont pas sur son territoire. »

Voilà un exemple de remarque critique qu’on n’a pas le temps a priori de faire dans une copie mais qui met l’accent sur une question à creuser. C’est cela l’intérêt d’une étude de documents : on découvre toujours quelque chose de nouveau qui nous met sur une piste à creuser. Sauf qu’en examen on peut juste poser la question, elle reste en suspens.

« Car, en réalité, une grande partie des données passe nécessairement par ces « data centers » américains avec l’inquiétude que ces données puissent être décryptées (ce que le scandale Snowden de 2013 a mis en évidence). Cet informaticien de la NSA (l’agence de sécurité américaine) a en effet dénoncé à cette occasion des écoutes généralisées sur le net et montré la nécessité d’un renforcement de la sécurité. »

Quand on utilise un exemple on ne peut pas se contenter de « scandale Snowden 2013 », il faut expliciter pour qu’un lecteur qui n’en a jamais entendu puisse comprendre. Par contre il n’est pas nécessaire d’approfondir en expliquant ce qu’est devenu Snowden.

Voilà qui explique sans doute l’origine d’un autre modèle de cyberespace que tente de développer la Chine et qui est bien décrit dans l’article du document 2. Cet article part du principe selon lequel le lecteur connaît déjà les 4 grandes entreprises américaines d’Internet qu’on résume par l’acronyme de GAFA comme Google, Apple, Facebook et Amazon et leur activité principale (moteur de recherche pour Google, « Mac » et « Smartphone » pour Apple, réseaux sociaux pour Facebook –qui comme le précise l’article contrôle aussi Instagram, Messenger et Whatsapp– et commerce en ligne pour Amazon) pour les comparer avec les leaders chinois du secteur qui sont beaucoup moins connus de grand public français, notamment parce que leurs utilisateurs sont principalement chinois.

J’ai fait l’effort ici de clarifier le secteur d’activité des 4 GAFA : ce n’est pas difficile puisque c’est une information qu’un candidat doit connaître par coeur.

« Effectivement les grandes entreprises chinoises, les BATX sont, comme précise l’article, Baidu (moteur de recherche), Alibaba (commerce en ligne), Tencent (réseaux sociaux avec 2 système de messageries WeChat et QQ et jeux vidéos) et Xiaomi (téléphonie). Ils demeurent moins puissants parce que plus récents et s’adressent principalement à un public sinophone. »

Même chose pour les BATX. On peut remarquer que ces 2 paragraphes peuvent quasiment être utilisés dans une dissertation puisque les informations qu’ils présentent devront nécessairement y figurer.

« Pourtant l’article précise qu’il faut aussi rajouter à ces 4 entreprises, 2 autres entreprises chinoises tournées vers la fabrication de téléphones (Huawei et Oppo) vu notamment l’importance de cet énorme marché intérieur et des applications qui peuvent s’y développer plus facilement que dans les pays démocratiques. »

Cette fois-ci l’article m’apporte un élément de connaissance que j’ignorais : il s’agit juste de le mettre en lumière en insistant sur la spécificité du marché chinois.

L’article met en effet en évidence certains créneaux sur lesquels la Chine est en avance : le paiement avec son téléphone qui a été développé à la fois par Alibaba (Alipay) et par Tencent (WeChat Pay) tandis que ce type d’application est encore peu utilisé aux États-Unis et ailleurs dans le monde.

Même remarque.

L’article insiste aussi sur un élément essentiel : la recherche par ces entreprises chinoise de haute technologie de cerveaux formés à la Silicon Valley, qui effectivement est, depuis les années 1960, le lieu d’où sont parties toutes ces innovations et où on afflué des ingénieurs et chercheurs du monde entier, les uns y restant (comme Sundar Pichai l’actuel PDG de Google qui est d’origine indienne), d’autres repartant dans leur pays d’origine pour y créer de nouvelles entreprises comme (Flipkart cette entreprise de commerce en ligne indienne fondée par un ancien d’Amazon rentré en Inde).

Même remarque mais cette fois-ci j’apporte un exemple du cours, celui de Sundar Pichai (dont le parcours est à connaître) (voir par exemple l’article Sundar Pichai, PDG de Google : un Indo-américain, symbole de l’entreprenariat à l’époque d’Internet)

« La connaissance technologique semble en effet dans le monde d’aujourd’hui l’enjeu le plus important pour assurer la meilleure capitalisation boursière. Les Chinois ne s’y sont pas trompés en proposant pour leurs étudiants brillants et ambitieux un classement des meilleures universités du monde notamment pour la science et la technologie (le classement de l’Université Jiaotong à Shanghai qui date de 2003 et est revu tous les ans) et place plus de 30 Universités américaines dans le top 50. »

Une conclusion un peu brutale et qui ne répond pas tout à fait au sujet !

J’aurais dû la rechanger… sauf qu’en fait c’est ce qui arrive à un élève qui n’a pas systématiquement en ligne de mire (écrit sur son brouillon devant ses yeux et recopié au début de sa copie le sujet précis qui lui est proposé).

Dans ce corrigé j’ai mis en œuvre et de manière très libre, la démarche analytique de l’étude de documents (présenter les documents, en tirer des informations et les expliciter au fur et à mesure en utilisant des connaissances) et c’est-à-dire la démarche automatisée d’un professeur devant un document nouveau quel qu’il soit… et qui doit devenir la démarche automatisée d’un adulte quand il utilise Internet.

J’ai un peu oublié en route que c’était un exercice pour le Bac avec une consigne plus précise.

Mais nous ne passons pas notre vie à préparer des examens et concours. Par contre nous passons notre vie à rencontrer des documents nouveaux et à devoir vérifier leur provenance avant d’en tirer de l’information.

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Un commentaire pour Le cyberespace : un sujet corrigé-commenté d’étude de documents

  1. Guy dit :

    Bonjour Chantal,
    Très intéressante proposition, à nouveau…
    Peut-être aurait-il été possible de préciser à qui appartenait Les Echos et l’intérêt de ce média pour lui, et d’utiliser l’expression brain drain pour les cerveaux que sedispuent les grandes puissances, une forme de migration planétaire qui peut rappeler la concurrence en1945 pour attirer les ingenieurs allemands/nazis de Dora (histoire géographie géopolitique)…
    Merci Chantal,
    Guy

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