A l’approche du 100e anniversaire de l’Armistice du 11 novembre 1918

Depuis 2014 un grand nombre de manifestations ont été organisées pour commémorer le centenaire de la Première Guerre mondiale sous l’égide d’une organisation la Mission du Centenaire qui s’est mise en place dès 2013.

Les professeurs d’Histoire-Géographie ont été chaque année sollicités pour faire participer des élèves à divers projets pédagogiques et l’on peut retrouver sur le site de la Mission du Centenaire de nombreux projets qui ont été labellisés (plus de 3500 en France et à l’étranger).

Profitons de l’approche du 11 novembre 2018, date à laquelle se tiendra une grande cérémonie internationale à Paris à l’Arc de Triomphe pour faire un point sur quelques éléments susceptibles d’intéresser nos collègues de l’académie.

Premièrement une conférence aura lieu samedi 3 novembre 2018 à La Rochelle au lycée Jean Dautet (18 rue Delayant) à 14 h par Jean –Pierre Guéno et portera sur le contexte politique et géopolitique de la Première Guerre mondiale.

Paroles de poilus.jpg

Jean-Pierre Guéno (né en 1955) est un écrivain et éditeur qui s’est notamment fait connaître en 1998 par la publication d’un petit ouvrage : Paroles de Poilus, lettres et carnets du Front (1914-1918).

Cet ouvrage a rencontré un grand succès et a été suivi par l’édition d’un certain nombre d’autres ouvrages du même type :

  • Paroles de l’ombre. Lettres et carnets des françaises sous l’Occupation (1939-1945), en 2009
  • Paroles d’étoiles : Mémoire d’enfants cachés (1939-1945) en 2002
  • Paroles d’Algérie – Lettres de torturés (1954-1962) en 2011.

Ces ouvrages figurent en bonne place dans nos CDI et sont largement utilisés car ils présentent des documents originaux contextualisés et donc assez facilement utilisables en classe. Paroles de poilus, lettres et témoignages des Français dans la Grande Guerre (1914-1918) a été réédité en 2013.

Les grands moments et les principaux lieux du Centenaire

Des quatre années que nous venons de vivre peut-être peut-on retenir les éléments suivants :

Le Hartmannswillerkopf

La cérémonie franco-allemande du 3 août 1914 au Vieil Armand (Hartsmannswillerkopf) en Alsace  était la première grande cérémonie de ce centenaire. Trois ans plus tard  le 3 août 2017 un historial a été inauguré à cet endroit : Historial Hartmannswillerkopf

Hatsmannwillerkopf

Le nouveau  mémorial du Hartmannswillerkopf inauguré en 2017 dans les Vosges (956 m d’altitude un point-clé du front dominant la plaine d’Alsace)

L’anneau de la Mémoire de Notre Dame de Lorette

Il a été inauguré le 11 novembre 1914 et représente un monument commémoratif d’un type nouveau dans la mesure où sont inscrits tous les noms des 580 000 morts sur les champs de bataille du Nord-Pas-de-Calais par ordre alphabétique et sans mention de nationalité, d’origine ou de religion, souhaitant insister sur la souffrance commune.

Annea de mémoire

Notre Dame de Lorette : au premier plan l’anneau de mémoire datant de 2014, à l’arrière-plan la nécropole  nationale de Notre Dame de Lorette inaugurée en 1925 (45 000  morts)

Présentation vidéo de l’anneau de Mémoire de Notre Dame de Lorette

La cérémonie à Verdun 29 mai 2016

La cérémonie à Verdun le 29 mai 2016 à laquelle participaient le président François Hollande et la Chancelière Angela Merkel  a été très inégalement reçue.  Un certain de nombre de gens (plutôt âgés, plutôt conservateurs) ont considéré la chorégraphie et la déambulation de jeunes très mal habillés dans le cimetière de Verdun comme très choquante d’où de nombreux commentaires injurieux sur Internet pendant quelques jours.

Il est nécessaire de regarder le  Film intégral de la cérémonie du 29 mai 2016 (et non les seules 7 mn de résumé présentées le soir-même au journal télévisé) pour se rendre compte que cette cérémonie était très  longue (1 h 30), parfaitement orchestrée, avec une musique de grande qualité, un hommage aux morts, des discours importants sur l’Europe et les relations franco-allemandes et ne comportait qu’un moment très court et plus spontané faisant participer de jeunes collégiens et lycéens français et allemands. (voir l’arrivée des jeunes à partir de 16 mn et leur discussion avec François Hollande et Angela Merkel).

Verdun 29 mai 2016.jpg

La cérémonie du 29 mai 2018 à Verdun

Cette cérémonie a sans doute été pour ces jeunes participants un moment de très grande intensité. On peut rapprocher cette cérémonie d’une autre dont la chorégraphie était également novatrice, celle organisée le 6 juin 2014 à Ouistreham en Normandie à l’occasion du 70e anniversaire du Débarquement de Normandie : Cérémonie Ouistreham 6 juin 2014 (1 h 05)

Ces cérémonies d’un genre nouveau peuvent nous faire réfléchir avec nos élèves sur les rapports entre tradition et modernité. Elles sont peut-être déroutantes par rapport à l’idée que nous nous faisons des cérémonies officielles car elles innovent et sont moins guindées (Mais ne vivons-nous pas en 2018 à une époque moins guindée ?) Mais les grands moments d’une commémoration officielle restent présents (sonnerie aux morts, discours) (lire par exemple cet article sur mon blog personnel Quel rituel de commémoration pour le 11 novembre ?)

Le code vestimentaire demandé à ces jeunes pour la cérémonie était explicite et a été respecté : un pantalon -jeans bleu ou noir- (sans trous !)  et un haut de couleur uni (donc sans marque ni inscription apparente), bref un uniforme unisexe dans lequel notre jeunesse européenne peut se fondre. Nos collégiens et lycéens ne sont pas des adultes et, même si cette tenue semble plus négligée que les uniformes scolaires de leurs voisins britanniques (qui habillent les élèves en « petit monsieur » et « petite madame » dès l’âge de 6 ans), elle me semble mieux symboliser ce que  nos jeunes représentent pour notre avenir : un formidable vivier plein de couleurs et d’énergie.

La « très choquante chorégraphie » consistait à ce que ces jeunes Français et Allemands  investissent en courant le cimetière de Verdun, miment un combat, soient interrompus par l’arrivée d’une silhouette étrange sur échasses toute de noire vêtue (la mort) qui les désignent et qu’ils s’effondrent à terre. Et qu’ensuite l’un se relève puis que tous se relèvent et dansent en faisant des percussions corporelles ? Était-elle si choquante ? Ne symbolise-t-elle pas le relèvement de l’Europe après les guerres du XX e siècle ? Aurait-il fallu que nos jeunes soient alignés comme des militaires, les uns dans un uniforme français, les autres dans un uniforme allemand et qu’on veille à leur immobilité ?

Il me semble que les détracteurs de ce type de chorégraphie n’ont pas dû mettre un pied dans un collège ou un lycée depuis des décennies et ne se rendent pas compte qu’effectivement notre jeunesse a changé ne sait peut-être pas bien se tenir (il y a sans doute un effort à faire de ce côté) mais cela ne l’empêche pas de s’impliquer dans nos projets pédagogiques (et apparemment c’était le cas de ces élèves, vu les échanges qui ont eu lieu avec François Hollande et Angela Merkel (vers le 22e mn).

Ce qui doit paraître étrange pour les adultes qui ne sont pas professeurs c’est de découvrir dans cette cérémonie des codes présents dans les « Arts de la Rue » (échasses, percussions corporelles, ensembles de percussions utilisant de gros bidons peints) perçus comme vulgaires par rapport au codes classiques (fanfare militaire, orchestre classique avec chœur, danse classique, défilé au pas et en musique).

Pourtant dans nos lycées ces nouvelles pratiques artistiques sont plus familières : nos élèves, depuis qu’ils sont à l’école primaire, ont souvent eu l’occasion à la fois de voir des spectacles très classiques (musique, théâtre) et d’autres beaucoup plus contemporains et d’être initiés à ces pratiques par les intervenants lors d’ateliers avant et/ou après la représentation (ou la « performance »).

Le Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux

Il a été inauguré le 11 novembre 2011 est représente le plus grand musée d’Europe sur la Première Guerre mondiale : il abrite 65 000 objets. Situé à Meaux, à proximité du site de la Première bataille de la Marne en septembre 1914 à 50 km à l’Est de Paris, il est accessible en train de banlieue en 25 mn.

musée de la Grande Guerre

Musée de la Grande Guerre de Meaux inauguré en 2011, le plus grand musée d’Europe sur l’histoire de la Première Guerre mondiale à 25 mn de train de Paris

Musée de la Grande Guerre de Meaux

Musée Clémenceau à Mouilleron en Pareds (Vendée)

Après des travaux la maison natale de Georges Clemenceau a été inaugurée le 16 juin 2018 et présente une nouvelle muséographie. Elle se trouve juste à proximité de la maison natale du Maréchal de Lattre de Tassigny.

Musée Clemenceau.jpg

Le futur musée Clémenceau encore en chantier en  avant-première lors des journées du Patrimoine 2017

Cette proximité permet d’organiser une sortie combinée avec un thème sur la Première et la Seconde guerre mondial pas très éloignée ni coûteuse (Le musée est fermé le lundi et la visite est gratuite pour les élèves et les enseignants) : Musée Clemenceau Delattre

Enfin pour clôturer cet article nous rappellerons la modeste contribution de notre Régionale à la commémoration de ce Centenaire avec le conférence-débat organisée à Niort en 2014 avec comme intervenants Nicolas Offenstadt, Pierrick Hervé et Jacques Bouquet et dont on peut trouver un compte-rendu détaillé sur notre blog : Compte-rendu Conférence-table ronde Niort 2014

 

 

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