Île de Ré et Île d’Oléron : quelques jalons pour une étude de cas comparative

En cette période de vacances un petit article comparant l’île de Ré et celle d’Oléron 

Deux îles principales reliées au continent par un pont de près de 2 km de long ornent le littoral charentais : au Nord du département de Charente-Maritime, l’île de Ré, au Sud l’île d’Oléron. Ces deux îles, comme les autres îles du littoral atlantique, ont aujourd’hui une vocation principalement touristique.

Ars en Re

Ars-en-Ré, son clocher pointu servant d’amer, son petit port, ses pins, ses maisons traditionnelles, (toits tuiles, murs blancs, volets verts/gris/bleus) ; il manque les roses trémières : une carte postale touristique qui se décline à l’île de Ré et à l’île d’Oléron avec quelques variantes.

L’article qui suit se propose de mettre en relief quelques jalons exploitables en géographie au collège et au lycée dans le cadre de nos études sur le littoral et le tourisme. Mais il peut également intéresser les curieux qui ne sont pas géographes (voir aussi l’article : Touriste et géographe à La Rochelle)…

Ré et Oléron sur le littoral atlantique.jpg

Cette première carte a juste pour objet de mettre en évidence les différentes îles françaises du littoral atlantique pour pouvoir constater que l’île de Ré et celle d’Oléron sont les 2 plus méridionalesles 2 plus vastes (85 km² pour l’île de Ré -qui est aussi la superficie de Belle-Île- ; 174 km² pour celle d’Oléron), les 2 îles les plus peuplées (respectivement 17000 et 22000 habitants permanents -Normoutier n’en compte que vers de 9500-), des îles  reliées en permanence au continent par un pont (comme l’île de Noirmoutier )

 Deux îles jumelles ?
tableau comparatif Ré Oléron 19 04 18.jpg

L’idée de ce tableau est de fixer le cadre à partir duquel on peut ensuite réfléchir sur différentes thématiques concernant ces îles : comment mieux gérer le tourisme dans un espace limité aux milieux fragiles ? Comment réussir à offrir aux habitants d’une île une qualité de services équivalente à celle des continentaux ? Comment faire face à l’afflux de population et la circulation en été ?

La première idée est que si ces îles sont relativement peuplées à l’année (plus de 100 habitants au km² à l’île de Ré, plus de 200 à l’île d’Oléron), elles voient leur population pratiquement multipliée par 10 pendant la haute saison d’été.

La seconde idée c’est qu’elle sont configurées à peu près de la même manière et présentent les mêmes types de milieux : des îles basses (le tablier du pont de l’île de Ré à 42 m domine toute l’île de Ré dont le point culminant n’est qu’à 20 m)  de forme allongée (entre 25 et 30 km de long et une faible  largeur) avec un phare à leur extrémité, présentant une côte  sableuse avec un cordon dunaire (la Côte sauvage à Oléron, la côte Sud à l’île de Ré), s’opposant à une côte à marais où traditionnellement il y a eu beaucoup de marais salants et où l’on pratique aujourd’hui davantage l’ostréiculture, des terres agricoles (avec un vignoble) et des pinèdes de reboisement destinées notamment à fixer les cordons dunaires (comme dans les Landes).

vue-aerienne île d'Oléron

Vue aérienne  oblique de l’île d’Oléron depuis le Sud. Au premier plan la forêt domaniale de Saint-Trojan-les-Bains, à droite le pont reliant l’île au continent

La troisième idée c’est que leur équipements en matière de santé et d’éducation est différent parce que leur distance à la préfecture du département (La Rochelle qui en est la plus grande agglomération avec plus de 160 000 habitants  -voir l’article L’organisation de l’agglomération de La Rochelle) est très différente.

La Rochelle est un pôle de services importants (Université, plusieurs lycées, Centre Hospitalier Régional, gare, aéroport) et l’île de Ré (en tout cas le Sud de l’île) se trouve immédiatement dans son aire d’attraction. Voilà pourquoi on n’y trouve ni lycée ni hôpital.

A l’inverse Oléron se situe loin de toute ville importante (Le Château d’Oléron au Sud de l’île est à 70 km de La Rochelle -ce qui représente plus d’une heure de route compte-tenu du réseau routier et de sa saturation importante en été-, 35 km de Royan, 45 km de Rochefort, 55 km de Saintes (les 3 villes les plus proches où l’on trouve un hôpital). Voilà pourquoi il y a au centre de l’île un hôpital local (qui n’a ni service d’urgence -c’est l’hôpital de La Rochelle qui gère les appels du 15 sur tout le département, ni service de radiologie ni laboratoire). On y trouve certes un lycée à Saint-Trojan-les-Bains (lycée expérimental) mais le lycée principal se trouve à Bourcefranc-le-Chapus, de l’autre côté du pont.

La quatrième idée est que ces 2 îles vivent  principalement du tourisme avec un nombre important de campings (72 sur l’île d’Oléron et 47 sur celle de Ré), d’hôtels (40 sur chacune des 2 îles), des villages-vacances mais aussi des locations meublées. Oléron accueille une clientèle moins aisée que l’île de Ré qui bénéficie d’une meilleure image et d’une meilleure accessibilité (5h d’autoroute depuis Paris, TGV Paris-La Rochelle en moins de 3 h, petit aéroport international situé tout près du pont)

Des équipements ont été réalisés pour le tourisme notamment des ports de plaisance : le nombre de places indiqué dans le tableau (plus de 1500 pour Oléron, plus de 1000 pour l’île de Ré additionne les différents types -place dans un port ou mouillage sur corps mort- ), des golfs (un sur chaque île). Il existe plus de 100 km de pistes cyclables (et beaucoup de loueurs de vélos).

Le tableau évoque la présence sur les deux îles de curiosités propices à attirer les touristes : des vestiges des fortifications littorales et notamment des citadelles de Vauban  : au Château d’Oléron au sud de l’île (voir article Cita’livres), à Saint-Martin de Ré où la citadelle est transformée en Maison Centrale (autrefois « pénitencier », terme encore souvent utilisé par les habitants) et où toute la ville se trouve dans une enceinte fortifiée, classée depuis 2012 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO (comme d’autres sites Vauban en France ). La présence voisine de l’île d’Aix (d’où Napoléon embarqua pour Saint-Hélène) et de la forteresse de Fort Boyard (utilisée pour un jeu télévisé et qu’on ne peut visiter) constitue des destinations d’excursions en bateau.

Saint Martin de Ré vue aérienne.png

La cité fortifié par Vauban de Saint-Martin-de-Ré. A l’arrière-plan son petit port de plaisance. A droite avec son plan en étoile la Citadelle, transformée en pénitencier (aujourd’hui « Maison Centrale »)

Enfin l’île d’Oléron abrite un petit port de pêche La Cotinière, assez faible par son tonnage mais pratiquant une pêche artisanale spécialisée dans des espèces valorisées (ex le céteau -une petite sole- ce qui en fait le 7e port français par la valeur des ses cargaisons.

port de la Cotinière.jpg

Port de pêche de la Cotinière (commune de Saint-Pierre d’Oléron), côte Ouest de l’île d’Oléron : 7e  port français par la valeur de ses prises

 

Pour aller plus loin :

Deux articles plus précis sur chacune des ces îles avec un croquis suivront prochainement :

 

 

 

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