CNRD 2018 : « S’engager pour libérer la France » Où sont les héros de notre adolescence ?

Cet article, publié à quelques jours de l’épreuve du CNRD 2018, se situe à l’intersection d’une tribune (qui milite), d’un essai (qui propose une vision des choses) et d’une dissertation (qui argumente scolairement).

Cela fait des années que je m’intéresse au CNRD (Concours National de la Résistance et de la Déportation) et aux thématiques qu’il porte. J’y ai moi-même participé en classe de Troisième il y a 40 ans, et la petite réception à la Préfecture de Saint-Lô est restée dans ma mémoire comme ma première sortie dans l’univers officiel de la République Française.

Les Résistants… ces héros ?

 

A cette époque, les Résistants me fascinaient. Je les percevais comme des sortes de héros qui avaient eu la chance de vivre à une époque où l’on pouvait mener des actions glorieuses. Quand je dévalais sur mes skis de fond les pentes du plateau des Glières ou les pistes du Grand-Bornand, je pensais à ces maquisards qui avaient choisi ces montagnes comme repaire.

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Le cimetière de Morette au pied du plateau des Glières

Je voulais oublier le cimetière de Morette au pied du plateau (105 tombes alignées militairement, symbole de l’écrasement de ce maquis en avril 1944).

Je voulais oublier le petit cimetière des miliciens, cachés dans un bosquet à quelques kilomètres du village du Grand-Bornand où 76 résistants avaient été fusillés le 24 août 1944.

J’avais dans l’idée que, moi aussi, à leur âge, je me serais engagée pour chercher à libérer mon pays…

Quoique… En aurais-je été vraiment capable si j’avais déjà été mariée et eu des enfants à protéger ? Si j’avais eu des parents âgés à soutenir ?

Cette interrogation ne m’a jamais quittée…

Mais j’ai pu la nourrir au fil des années de mes lectures, de mes rencontres avec de nombreux résistants parmi lesquels un certain nombre ont connu les camps nazis.

Qu’est-ce qui les avait vraiment poussé à agir ? Des convictions chevillées au corps ? Un concours de circonstances qui les avaient pris au piège ? La pression de leurs proches ? Le hasard ?

Au fur et à mesure que je vieillis, je me demande si ces héros de ma jeunesse n’étaient pas juste de jeunes écervelés comme je l’étais à leur âge, pleins d’énergie mais inconscients des dangers qu’ils couraient et de ceux qu’ils faisaient courir à leurs proches, incapables aussi de se faire une idée précise de l’efficacité de leurs actions par rapport à leur prise de risque.

Pourtant ils ont souvent accepté pour nous d’endosser le rôle de « héros » que nous attendions.

Héros ou survivant ?

L’an passé dans ma classe de Première, j’avais fait venir un « vieux » (?) monsieur qui avait l’âge de mes élèves quand la guerre a éclaté… ce qui ne lui fait jamais que 96 ans aujourd’hui !

Jean Billaud est aujourd’hui citoyen d’honneur de la ville de La Rochelle. Il a la faculté de raconter son parcours avec une grande aisance : les élèves étaient donc pendus à ses lèvres !

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Jean Billaud présente ses photos de jeunesse, quand il était mitrailleur dans la RAF pendant la Seconde Guerre mondiale (source Article France Bleue 9 01 2017

Son rêve de gosse était de devenir pilote.

A 15 ans il a pu profiter d’un dispositif que le Ministre de l’Air du Front Populaire, Pierre Cot, avait mis en place en rentrant d’un voyage en URSS pour attirer des jeunes vers l’armée de l’Air (créée seulement en 1934) : proposer une initiation à l’aéronautique dans les aéroclubs. Quand la guerre éclate en 1939, Jean Billaud s’engage dans l’armée de l’air et se retrouve incorporé sur la base-école de Rochefort. Mais quand l’offensive allemande est lancée en mai 1940, la base est fermée et ces jeunes élèves-pilotes sont renvoyés chez eux. Amère désillusion !

Jean se retrouve alors dans son village près de Niort. Puis, marié et devenu jeune papa  précocement, il part travailler à La Rochelle sur le port de La Pallice et se met à trafiquer (en temps de paix on parlerait de vols et il risquerait un séjour en prison ; en ces temps d’Occupation, c’est une forme de débrouille au détriment des Allemands qui sont en train d’exploiter économiquement la France comme le permet la convention d’Armistice du 22 juin 1940…  mais il risque  gros).

Son beau-père lui conseille de prendre la fuite. C’est-ce qu’il fait ! Après un premier repérage près de Bayonne pour trouver un passeur et savoir comment passer en Espagne, il revient 6 mois plus tard avec l’argent nécessaire. Il n’a réussi à convaincre qu’un seul de ses copains de l’accompagner à venir se battre pour de Gaulle comme pilote.

Nouvelle désillusion quand, quelques kilomètres après la frontière espagnole, les deux fugitifs se retrouvent arrêtés par la Guardia Civil puis enfermés pendant de longs mois au camp de Miranda (près de Bilbao). Ils sont finalement libérés en vertu d’un accord entre l’Espagne (qui a besoin de ravitaillement) et les Alliés qui ont débarqué en Afrique du Nord en novembre 1942. Nos deux jeunes réussissent à rejoindre Casablanca où existent deux files d’engagement : une pour le général Giraud, une pour de Gaulle.

Jean choisit la file d’engagement pour la France Libre… mais il déchante quand il apprend que, s’il veut devenir pilote, il devra aller se former au Canada (il n’y a pas assez de carburant au Royaume Uni pour assurer à la fois la formation des pilotes et les missions de bombardements sur l’Allemagne). Il craint que la guerre ne se termine avant qu’il n’ait pu se battre et qu’on puisse lui reprocher ensuite d’avoir laissé femme et enfant se débrouiller seules. Voilà pourquoi il accepte une formation plus courte de mitrailleur au Royaume Uni (6 mois). Il entre alors dans la RAF (Royal Air Force). Il va participer à de nombreuses missions de bombardements sur les grandes villes allemandes en 1944-1945 : son carnet de bord les mentionne toutes. Les conditions sont très éprouvantes (froid, bruit, danger d’être abattu) et il a la chance de rentrer vivant : la moitié des équipages sont abattus.

Ce n’est qu’après guerre qu’il pourra enfin devenir pilote civil et fera une très belle carrière au Maroc, au Cambodge et dans d’autres pays africains après l’Indépendance.

Les ressorts de l’engagement de Jean Billaud ?

Si on réfléchit sur son parcours et son engagement, quels sont les éléments qui sont marquants : sa bonne étoile et sa bonne santé d’abord (à 92 ans il sautait toujours en parachute !), sa jeunesse, l’optimisme et l’énergie qui vont avec  ensuite ;  sa détermination enfin, détermination qui n’a jamais failli ni pendant la guerre ni après.  Il s’est engagé dans l’Armée de l’air en 1939 contre l’avis de sa mère  alors qu’il était mineur, orphelin de père et fils unique avec l’idée de défendre son pays en tant que pilote… et malgré toutes les péripéties (fermeture de l’école de Rochefort,  enfermement au camp de Miranda, bifurcation vers une formation de mitrailleur et non de pilote), il l’a fait, ayant eu la bonne intuition de choisir fin 1942 la France Libre de de Gaulle.

Un engagement chevillé au corps ?

Pour certains,  l’engagement était là, dès le départ, chevillé au corps, ne demandant plus qu’à s’exprimer.

Je voudrais ici donner quelques exemples de ces résistants dont j’ai lu les récits ou que j’ai rencontrés et réfléchir sur leur parcours. La plupart sont aujourd’hui décédés : il peut difficilement en être autrement. Car pour avoir résisté pendant la Seconde Guerre mondiale, il fallait au moins être un adolescent de 14 ou 15 ans en 1944… bref être né en 1930 ou avant. Aujourd’hui ces personnes ont forcément 87 ans et plus.

Les plus importants d’être eux étaient déjà des adultes accomplis en 1939, et sont donc morts depuis longtemps.

Néanmoins un élément qui m’a frappée au fil des années et de voir l’extrême longévité de certains de ces résistants (mais aussi de survivants de la Shoah) comme s’ils avaient accumulé une énergie à survivre pour pouvoir témoigner que ceux qui sont morts, ne l’ont pas été pour rien.

Jean Moulin, Pierre Brossolette et Stéphane Hessel

Prenons Jean Moulin, né en 1899 qui, quand la guerre éclate, il a déjà 40 ans et est préfet de l’Eure. Prenons Pierre Brossolette, né en 1903, c’est un journaliste engagé qui a une solide formation d’historien et est de tous les combats pacifiste, européen, socialiste dans les années 1930.

L’un comme l’autre ne survivent pas à la guerre : Jean Moulin est arrêté près de Lyon, en juillet 1943, torturé par Klaus Barbie le chef de la Gestapo et succombe lors de son transfert en Allemagne.  Pierre Brossolette est arrêté en février 1944 en Bretagne, torturé. Il se suicide quelques semaines plus tard pour ne pas parler.

L’exemple le plus connu de ces survivants est sans doute celui de Stéphane Hessel (1917-2013) auteur d’un petit essai Indignez-vous ! (2010) dans lequel il met en avant l’esprit de résistance qui passe d’abord par la capacité à s’indigner contre les choses qu’on trouve injustes, scandaleuses et qu’on ne doit pas accepter avec passivité.

Stéphane Hessel est né à Berlin dans un milieu intellectuel, mais sa mère s’est installée à Paris au milieu des années 1920. Il a fait une brillante scolarité à Paris et fréquenté les milieux artistiques. Il est naturalisé français peu de temps avant la guerre et compte-tenu de son âge incorporé comme lieutenant dans l’armée française. Fait prisonnier dans la débâcle de juin 1940, il s’évade et contribue à chercher à faire exfiltrer vers les États-Unis un certain nombre d’intellectuels allemands anti-nazis dont son père (qui meurt malheureusement en 1941 avant).

Stéphane Hessel part alors à Londres rejoindre de Gaulle et entre au BCRA (le service de renseignement). Il est parachuté en France en 1944, arrêté, déporté à Buchenwald avec d’autres agents secrets et a la vie sauve grâce à un subterfuge : son identité est échangée contre celle d’un malade du typhus. Il est ensuite transféré à Dora puis s’évade du train qui le conduit vers Bergen-Belsen et réussit à rejoindre l’armée américaine.

Aucun romancier n’aurait osé inventer un personnage aussi fascinant que le jeune Stéphane Hessel : on lui aurait reproché de créer un être qui ne peut pas exister réellement ! Et pourtant ce parcours est réel. Et celui de Stéphane Hessel après la Seconde Guerre mondiale est tout aussi brillant, passionnant, exceptionnel.

C’est en toute conscience que ces 3 personnes que je viens de citer : Jean Moulin, Pierre Brossolette et Stéphane Hessel, se sont engagées dans la Résistance et y ont joué un rôle de premier plan.

Leurs études, leur parcours personnel, les avaient convaincus d’emblée qu’il fallait agir.

Ces sortes de personnes me semblent rares dans une société mais, quelles que soient les circonstances, je pense qu’elles auraient été engagées dans les justes combats de leur temps.

La guerre comme révélateur ?

Mais pour d’autres, plus jeunes, la guerre a été le révélateur qui a mis en lumière leurs convictions et les a poussés à l’action.

J’évoquerai ici le parcours d’une « vieille dame », car c’est ainsi que je l’ai connue, Étiennette Gallon, décédée à 100 ans en octobre 2017, ne manquait jamais quand elle venait dans mon lycée (l’ancien lycée de jeunes filles de la ville de La Rochelle) de dire aux élèves qu’elle y avait fait sa première rentrée…. en 1929, provoquant alors une onde de silence. !

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Étiennette Gallon en 2013 source recevant la médaille de la Ville de La Rochelle : Sud Ouest

Elle nous avait raconté son parcours d’institutrice, originaire de l’Ile d’Oléron, jeune mariée et mère d’un bébé en 1940 tandis que son mari était parti à la guerre. Elle vivait alors dans un village de Normandie, dans l’Eure, loin de sa famille, et elle y était également secrétaire de mairie.

Quand les Allemands ont commencé à progresser dans le Nord de la France et que la population civile, prise de panique, s’est mise massivement à partir sur les routes pour fuir, Étiennette Gallon s’est retrouvée dans ce village sur la route de l’exode et, avec le maire et le curé, ils ont décidé de rester sur place et d’organiser des secours pour les réfugiés. Un peu de ravitaillement, des granges et de la paille…

On peut n’y voir que l’action d’une jeune femme pragmatique et organisée, deux qualités qu’on trouve à priori à cette époque chez toutes les institutrices de campagne, vu leur formation à l’École Normale…

Pourtant chez Étiennette Gallon, il y a pour moi autre chose de plus profond dans son progressif engagement dans la Résistance. Lors d’une journée de formation sur la Résistance, elle nous avait raconté une de ses rares escapades de jeune fille à Paris et sur la côte d’Azur alors que, juste avant la guerre,  jeune institutrice, elle militait dans un syndicat et la rencontre à cette occasion avec des Allemands anti-nazis réfugiés en France. La découverte, entre deux baignades dans la Méditerranée et veillées autour d’un feu de bois, du récit de ces jeunes gens qui avaient quitté leur pays et expliquaient ce qu’ils avaient perçu du nazisme.

Je pense qu’il existe dans la vie des rencontres marquantes  qui influent sur notre manière de voir les choses sur le long terme. Car avant guerre, même si la presse a pu amplement dénoncer le basculement du régime allemand vers la dictature, la répression, même si l’on connaît l’existence des camps de concentration où sont détenus les opposants, tout cela reste abstrait, théorique, extérieur. Cela n’est pas « incarné ».

En tout cas Étiennette Gallon, soixante dix ans plus tard, se souvenait de cet épisode. Par la suite, avec son mari, elle a passé la guerre à aider efficacement des pilotes abattus, à cacher des gens recherchés, à leur fournir de faux papiers malgré les risques encourus quand on est mère de quatre enfants ! Son mari Jean a été déporté à Buchenwald en 1944, en est rentré mais affaibli.

Certains Résistants plus  jeunes se sont parfois retrouvés avec des lourdes responsabilités sans l’avoir réellement cherché. Je vous renvoie ici au parcours  de la jeune Andrée Duruisseau dont la ferme se trouve en Charente  à 3 km de la ligne de démarcation et qui va progressivement devenir une agente de liaison très efficace pour le BCRA  : CNRD 2018

C’est le cas également du jeune Daniel Cordier (né en 1920) parti à Londres avec une bande de camarades de son lycée de Pau dès juin 1940 et qui va se retrouver le très efficace radio et secrétaire de Jean Moulin à Lyon.

Dans ses mémoires  longues et très documentées Alias Caracalla publiées en 2009, il raconte sa transformation : jeune lycéen enthousiaste mais brouillon, proche de l’Action française en 1939 qui se transforme en un maillon particulièrement efficace de la Résistance car  longuement et très bien formé à Londres, avant d’être envoyé à Lyon.

Daniel Cordier

Daniel Cordier en 2013, entouré par les 2 acteurs qui incarnent Jean Moulin alias Rex à gauche (Eric Caravaca) et le jeune Daniel Cordier (Jules Sadoughi) dans le téléfilm Alias Caracalla

Ce livre a été adapté dans un téléfilm en 2 parties d’Alain Tasma diffusé à la télévision en 2013 : Alias Caracalla Au coeur de la Résistance. Je trouve ce téléfilm (trop long et donc peu inutilisable en classe)  parfait pour des adolescents : à travers le parcours du jeune Daniel Cordier, on peut comprendre  la notion d’engagement et les enjeux d’organisation de la Résistance.

Inconscience et amateurisme ?

Car ce qui m’a parfois le plus consternée quand j’étais plus jeune, c’est de découvrir que l’inconscience et l’amateurisme de certains jeunes résistants les avaient parfois conduit à la mort.

Mon père m’avait toujours raconté comment, dans le collège de Bayeux, où il était un jeune élève du petit-lycée, les Allemands étaient venus chercher de grands élèves de Première dont ils connaissaient l’identité (car quelques mois auparavant, ces jeunes s’étaient rendus au cimetière pour assister à l’enterrement d’un pilote britannique abattu). On les avait déportés à Buchenwald en même temps que le libraire de la ville, soupçonné d’actes de résistance. Soixante dix ans plus tard, leur livret scolaire était toujours dans les archives du lycée, dans l’attente du passage du Premier Bac.

Un sur deux n’était pas revenu…

La démocratie, un mauvais entraînement à la Résistance ?

Très clairement la démocratie n’est pas un régime qui vous prépare à agir dans la clandestinité. Quand, de toute sa vie on n’a jamais rien connu d’autre qu’une vie dans un État de droit sans jamais être emprisonné ni maltraité, comment peut-on imaginer la brutalité et l’arbitraire de la répression sous l’Occupation, qu’elle soit exercée par des Français comme par des Allemands ?

Effectivement à cette époque en France le système administratif et judiciaire ne disparaît pas : on a toujours des fonctionnaires, des policiers, des juges… et ils sont toujours français. Ce sont les mêmes que sous la Troisième République à quelques exceptions près (les Juifs ont été révoqués) … sauf qu’il sont maintenant au service d’une dictature (le Régime de Vichy) à la solde d’un régime totalitaire (le régime nazi).

Or, s’il nous est facile soixante-dix ans plus tard de décortiquer les ingrédients et les mécanismes d’un régime totalitaire, il était difficile à l’époque d’avoir suffisamment de lucidité pour bien prendre conscience de ce basculement qui doit totalement transformer les réflexes : au lieu d’avoir a priori confiance (notamment dans l’administration), on doit a priori désormais se méfier de tout, de tout le monde et devenir invisible.

Si la France, pendant la Seconde Guerre mondiale, n’avait plus été qu’un territoire sans État (comme c’est le cas aujourd’hui dans un certain nombre de pays du monde, notamment en Afrique déstabilisés par des guérillas), la population aurait cessé d’essayer d’être « en règle » (avec des papiers et des Ausweis à présenter, des étoiles juives qu’on coud sur ses vêtements), elle aurait compris que la protection la plus efficace était de se cacher et, à défaut, d’essayer de se défendre.

Mais la France est restée pendant tout la guerre un territoire bien organisé, bien administré, où l’on continue à tenir l’état-civil, établir des cartes d’identité, faire passer des examens et des concours aux lycéens et étudiants comme avant.

Ainsi, l’un des réseaux de résistance les plus précoces et les plus rapidement démantelés est celui dit du « Musée de l’Homme ». A Paris il regroupait un certain nombre d’intellectuels qui sont conscients très précocement de la nécessité de résister à l’occupant allemand. Ils sont donc précocement lucides sur le régime de Vichy. Mais, à mon sens, ils n’ont pas suffisamment le sens de la clandestinité. Parmi eux on trouve Germaine Tillion, l’ethnologue dont les cendres reposent aujourd’hui au Panthéon et qui a été déportée au camp de Ravensbruck.

A l’inverse, dans le courant de la guerre, on peut constater au delà des cas individuels, que parmi les résistants vraiment organisés et conscients des risques, on a les anciens de la Guerre d’Espagne, que ce soient des réfugiés espagnols ou des communistes par exemple.

Ainsi Pierre George (plus connu sous son pseudonyme de colonel Fabien) né en 1919 et décédé en 1945, avait combattu dans la guerre d’Espagne. Il a été très efficace dans l’organisation des maquis FTP mais aussi il a très efficacement réussi à protéger sa fille née en 1940, puisque, effectivement, l’un des aspects les plus terrifiants de la répression est qu’on puisse s’attaquer à vos proches.

***

Pour conclure, ce qui m’intéresse aujourd’hui le plus dans le CNRD, c’est, à partir des expériences vécues pendant la Seconde Guerre mondiale par les Résistants d’hier, d’avoir l’opportunité de faire réfléchir  des adolescents sur leur avenir, sur l’idée que leur histoire à eux  n’est pas encore écrite, qu’ils ont la jeunesse des Résistants d’autrefois (c’est-à-dire potentiellement l’envie et l’énergie)  pour mener les  combats de demain.

Ce ne  ne sont pas  les mêmes combats que pendant la Seconde Guerre mondiale, mais ils nécessitent les mêmes qualités : lucidité, ténacité, sens de l’organisation. Tenter de maintenir un monde en paix, agir efficacement contre les inégalités économiques et sociales les plus graves, protéger l’environnement sont  les combats très complexes qui les attendent aujourd’hui et demain.

 

 

 

 

 

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