Essai de cartographie des sections Abibac, Bachibac et Esabac

Suite à l’article précédent et puisqu’il existe également une section Bachibac dans le lycée où  j’enseigne, j’ai eu l’idée de dessiner deux autres cartes représentant les sections Bachibac et Esabac sur le modèle de celle créée pour l’Abibac et ensuite de chercher un moyen pour les comparer. Voici le résultat (que je trouve assez imparfait), je vais expliquer pourquoi :

Carte Abi Bachi Esa.jpg

 

Cette carte a été réalisée avec le même procédé de dessin assisté par ordinateur que celui qui a permis de réaliser celle de l’Abibac mais elle a pris plus de temps puisqu’elle juxtapose trois types d’informations à récupérer puis trier avant de pouvoir les cartographier. Pour pouvoir l’interpréter il va donc nous falloir faire un petit détour pour expliquer ce qu’est le Bachibac et l’Esabac, qui sont des dispositifs assez proches de l’Abibac.

Où trouver des informations  sur ces sections ?

Sur le site du Ministère de l’Éducation Nationale, on trouve toutes les informations formelles sur la section et les lycées qui la préparent :  Abibac ; Bachibac ; Esabac

Qu’est-ce que le Bachibac ?

C’est un dispositif qui permet à des lycéens de se préparer à la fois au Baccalauréat français et d’obtenir en même temps le Bachillerato  (le Bac espagnol). Il existe depuis 2010.

Les élèves (qui ont nécessairement étudié l’espagnol au collège et sont d’un bon niveau) sont sélectionnés à l’entrée en Seconde à raison de 24 par section. . Ils suivent un programme d’histoire-géographie adapté en espagnol et ont des cours de littérature espagnole. Leurs professeurs d’histoire-géographie doivent avoir obtenu un agrément spécial pour enseigner dans cette section et être nommés sur ce poste par l’inspection.

Qu’est-ce que l’Esabac ?

C’est un dispositif qui permet à des lycéens de se préparer à la fois au Baccalauréat français et d’obtenir en même temps l’esame di stato  (le Bac italien). Il existe depuis 2010.

Les élèves (qui ont nécessairement étudié l’italien au collège et sont d’un bon niveau) sont sélectionnés à l’entrée en Seconde à raison de 24 par section. . Ils suivent un programme d’histoire-géographie adapté en italien et ont des cours de littérature italien. Leurs professeurs d’histoire-géographie doivent avoir obtenu un agrément spécial pour enseigner dans cette section et être nommés sur ce poste par l’inspection.

On aura donc compris que ces trois dispositifs sont assez comparables dans leurs grandes lignes d’où la tentation de les comparer.

Une carte sur le Bachibac ?

Carte Bachibac.jpg

 

Le procédé cartographique est le même que pour la carte de l’Abibac. On a juste choisi des points de couleur rouge (une des deux couleurs du drapeau espagnol).

Cette carte fait ressortir une surreprésentation de cette section dans les académies du sud-ouest proches de l’Espagne mais aussi dans les académies peuplées où nombreux sont les élèves qui choisissent d’étudier l’espagnol (Lille, Marseille, Ile-de-France). Seules 2 académies n’ont pas cette section (Strasbourg -qui on le rappelle dispose de 18 sections d’Abibac-) et la Corse.

Une carte sur l’Esabac ?

Le procédé cartographique est le même que pour les deux cartes précédentes. On a juste choisi des points de couleur verte (une des trois couleurs du drapeau italien).

Carte Esabac.jpg

Cette carte fait ressortir une surreprésentation des ces sections dans les académies proches de l’Italie (Grenoble, Nice, Aix-Marseille, Lyon. Plusieurs académies qui n’ont pas de lien particulier avec l’Italie n’ont pas de section Esabac (Limoges, Clermont-Ferrand, Rouen, Reims et Strasbourg).

Un tableau récapitulatif pour les trois sections

On a à nouveau choisi de les regrouper par grande région et de les classer par effectifs décroissantstableau récapitulatif Abi Bachi Esa

Ce tableau  (mais surtout la carte) permettent de montrer qu’à l’échelle du territoire métropolitain se produit une sorte de rééquilibrage de ces sections. Si un effort a été fait pour que l’Abibac existe partout, là où il est peu présent et où les liens sont plus forts avec l’Espagne et l’Italie, existent des sections Bachibac ou Esabac en plus grand nombre.

Le  choix des couleurs et de la légende de la carte

Le choix d’une couleur, quand on en choisit une, doit toujours essayer d’avoir un côté mnémotechnique de manière à ce que l’on associe facilement la couleur au phénomène (après avoir toutefois vérifié que le code couleur est bien  celui qui a été adopté par le cartographe). C’est ce que j’ai tenté de faire en utilisant des couleurs qui figurent sur les drapeaux allemand (noir), italien (vert) et espagnol (rouge).

Car, s’il est préférable quand on ne dessine qu’une seule carte de la faire en noir (c’est le plus facile pour la reproduire à faible coût), à partir du moment où il en existe plusieurs à comparer, on est plus à l’aise quand chacune a sa propre couleur… Mais ce procédé atteint vite ses limites : au-delà de 4 ou 5 couleurs, on a toutes les chances de commencer à s’embrouiller.

En attendant ce procédé, permet de juxtaposer sur la même carte les figurés noirs, rouges et verts et d’obtenir un résultat lisible. On pourra faire remarquer que seul le dessin permet de disposer les 3 points correspondant à une académie en faisant en sorte que les noirs soient plutôt positionnés à en haut à droite, les rouges en bas à gauche et les verts en bas à droite, rappelant par là vaguement la direction de l’Allemagne, de l’Espagne et de l’Italie.

Il en est de même du choix de la taille des cercles qu’on garde dans la légende et qui doivent permettre, à vue de nez d’estimer le nombre de sections par académie en donnant la valeur  minimale et la valeur maximale et une ou deux valeurs intermédiaires.

Tous ces détails, le lecteur de la carte n’y prête pas attention mais si le cartographie  n’y a pas réfléchi cela ralentit l’interprétation de la carte. Or si une carte demande un effort intellectuel trop important simplement pour être comprise, elle perd en efficacité. Aura-t-on encore le courage de l’interpréter ?

Pour conclure provisoirement : une carte qui juxtapose de cette manière trois phénomènes simples à cartographier est un peu plus longue à réaliser. Il a fallu en effet y placer une soixante de disques de couleurs. Mais cela donne aussi le temps de réfléchir et de s’apercevoir que le dessin assisté par ordinateur ne nous permet pas d’aller bien au-delà de cette quantité.

Mais le cartographe ne se « mouille pas » : il propose une représentation formelle du phénomène. Un tel type de représentation est donc bien adapté à la cartographie dont une administration ou une entreprise  peut avoir besoin simplement pour visualiser un phénomène cartographiable avec des cercles proportionnels.

Ce n’est plus le cas quand le cartographe veut combiner et synthétiser des phénomènes.  A partir de là sa cartographie devient engagée et à partir de là l’analyse critique de sa carte devient intéressante, c’est ce que nous montrerons dans un prochain article.

Pour retravailler cette carte et ce tableau fichier en format .doc : Carte des sections Internationales en 2018

 

 

 

 

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