Les crues dans les bassins-versants de plaine : l’exemple de la Charente

L’actuelle crue du bassin-versant de la Seine me donne l’occasion de remettre à jour un article écrit en 2015 suite à notre excursion à Jarnac et qui évoquait les crues de la Charente et notamment celle centennale de 1982 qui avait permis une certaine prise de conscience des politiques à mettre en œuvre pour éviter qu’un tel phénomène n’ait de conséquences économiques et humaines aussi graves.

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La crue de la Charente du 24 décembre 1982 à Cognac : crue centennale

Car dans ces cas le problème n’est pas d’imaginer que le phénomène ne se reproduira pas mais de limiter les conséquences les plus graves et les plus coûteuses.

Les riverains  de région parisienne actuellement inondés et évacués  retrouvent une situation très comparable à celle qu’ils ont déjà vécue en juin 2016… sans forcément se rendre compte que janvier n’étant pas juin, le risque est beaucoup plus grand  en cette saison que la décrue soit plus lente… bref que leurs maisons ne puissent pas sécher et soient inhabitables peut-être jusqu’à l’été prochain.

C’est pourtant cela qui est au cœur des crues de plaine : on peut les annoncer plusieurs jours à l’avance, être capable de dire heure par heure à quelle vitesse l’eau va monter, le niveau qu’elle va atteindre. Mais on ne peut absolument pas stopper cette masse d’eau qui va s’étaler dans tout le lit majeur du cours ni accélérer son évacuation.

L’exposition itinérante de l’ETPB Charente « 1982 la crue du siècle »

L’ETPB-Charente (Etablissement Territorial Public de Bassin) est l’institution interdépartementale chargée à l’échelle des 4 départements (Vienne, Charente, Charente-Maritime et Deux-Sèvres) de la gestion de l’eau dans le bassin-versant de la Charente (inondations et étiages, préservation des milieux aquatiques, qualité de l’eau…).

Cette institution remonte à 1977, à une époque où la problématique était essentiellement le problème des étiages de la Charente, d’où la réalisation du barrage de Lavaud en amont du bassin (mis en eau en 1989).

Aujourd’hui la mission de cet organisme est beaucoup plus large avec notamment des actions de prévention des inondations et de préservation de la qualité de l’eau.

L’exposition « 1982 la crue du siècle » destinée au grand public a pour sous-titre « Se souvenir du risque pour prévenir les inondations ». Elle présente en effet un double contenu : retracer l’histoire de cette crue qui a frappé les esprits à l’époque mais aussi expliquer ce que peut être la « gestion intégrée des risques d’inondation ». A ce titre elle s’inscrit parfaitement dans une des thématiques de nos programmes de Géographie de Seconde sur la notion de risques naturels.

Le bassin-versant de la Charente

bassin-versant Charente.jpeg

Le bassin-versant de la Charentes : cliquer sur ce lien pour accéder à la carte lisible de l’ETPB : bassin-versant Charente

Le bassin-versant de la Charente s’étend sur une superficie d’environ 10 000 km², avec un fleuve côtier de 345 km de long qui prend sa source à seulement 295 m d’altitude et cherche un tracé improbable dans une région très plate.

Ce bassin-versant représente un exemple local très intéressant pour comprendre la notion de risque naturel et notamment celle de crue de plaine (une crue qui peut arriver de l’hiver au printemps ; dont l’onde se décale d’amont en aval en 2 à 3 jours et qui  peut générer des inondations d’une durée de plusieurs semaines).

L’exposition rappelle que les crues sont nécessaires à un cours d’eau pour assurer son équilibre, dessiner son cours, évacuer les dépôts et débris, fertiliser les sols maintenir la biodiversité, recharger les nappes.

L’artificialisation du cours de la Charente depuis l’époque romaine

Mais l’homme a artificialisé le cours de la Charente depuis l’Antiquité romaine en le transformant en un fleuve navigable important depuis Angoulême jusqu’à Rochefort et ce jusqu’à l’époque du chemin de fer. Son cours a donc été artificiellement fixé et souvent enserré par des digues, ainsi qu’on l’observe dans les villes d’Angoulême, Cognac, Jarnac, Saintes mais aussi dans les localités plus petites comme St Savinien, Port d’Envaux ou Taillebourg.

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L’arc de Germanicus à Saintes au bord de la Charente en Crue : en 1982 la ville avait été coupée en deux.  

 

Le risque d’inondation a été aggravé récemment avec le développement de l’urbanisation dans des zones à risque (le lit majeur de la Charente), l’imperméabilisation des sols (bitumage), la canalisation des eaux pluviales.

La prise de conscience du risque et les repères de crue

Enfin la conscience du risque apparaît limitée d’où la politique actuelle qui consiste notamment à inscrire sur les murs des repères de crue.

 

repère de Crue

L’installation de repères de crue sur les rives de la Charente pour maintenir la mémoire de la crue : en dessous la marque de la crue de 1994 (un peu moins haute)

 

Le site Internet de l’ETPB-Charente offre davantage d’informations sur cette thématique on peut notamment y télécharger les panneaux de l’exposition « 1982 la crue du siècle » :

http ://www.fleuve-charente.net/

 

 

 

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