Le CNRD 2018 : s’engager pour libérer la France

Un petit briefing et quelques ressources pour nos collègues de la région qui souhaiteraient faire participer leurs élèves au Concours National de la Résistance et de la Déportation 2018 dont le thème est : « S’engager pour libérer la France« .

Andrée Duruisseau.jpg

Andrée Duruisseau une  jeune  « terroriste » charentaise de 19 ans, déportée à Ravensbruck en 1944

Andrée Gros-Duruisseau

Andrée Gros-Duruisseau en 2008 avec un fragment du cahier où elle a couché le récit de ses actions de Résistance

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rappelons que, dès 1961, l’APHG a été partenaire de ce concours  dont les modalités ont été modifiées en 2016. En voici les objectifs :

« Perpétuer chez les jeunes générations la mémoire de la Résistance et de la déportation afin de leur permettre de s’en inspirer en se fondant sur les leçons historiques et civiques que leur apporte l’école. Il s’inscrit ainsi dans une démarche d’éducation à la citoyenneté.« 

Seuls les élèves de Troisième sont concernés au collège et la participation à ce concours peut être intégrée dans le « parcours citoyen« .

Au lycée ce sont principalement des élèves de Première qui  participent.

Les modalités de ce concours ont changé, en raison de la disparition progressive des témoins qui étaient des passeurs générationnels très importants pour nos élèves.

Débroussailler la question  de 2018 :

Un premier débroussaillage du sujet a été fait par L’association « Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah-Amicale d’Auschwitz » : Débroussaillage sujet CNRD 2018

Des ressources nombreuses pour participer sont présente sur le site de CANOPE : Canopé axes CNRD 2018

Nous avions sur ce blog évoqué dans un article précédent le parcours de quelques résistants-déportés de notre région quand le thème portait sur la libération des camps : CNRD 2015

De cet article je reprends deux idées de lecture :

Armand Giraud, Un instituteur résistant et déporté, Geste Editions, Niort 2007

Armand Giraud 2

Armand Giraud, né en Vendée en 1899, mourra centenaire après une vie consacrée au bien public. En 1917, il occupe son premier poste d’instituteur. Membre de la SFIO, il veut secouer le conservatisme local. En avril 1939, il intervient en tant que secrétaire de mairie auprès du préfet de la Vendée pour améliorer le sort de cinquante républicains espagnols plutôt internés que réfugiés. Puis c’est la «drôle de guerre». La débâcle l’indigne. Révoqué comme instituteur franc-maçon, il rencontre Pierre Brossolette et entre dans la Résistance : il organise la plupart des parachutages d’armes en Vendée de l’année 1943. Il est arrêté le 12 août et torturé.

Armand Giraud subira le sort de beaucoup de résistants du grand Sud-ouest en 1943, l’année terrible : prison de la Pierre-Levée à Poitiers, camp de Compiègne, Buchenwald de janvier 1944 à mai 1945. Il reviendra, décidé à témoigner par la parole et par l’écrit. (quatrième de couverture)

Armand Giraud est un instituteur vendéen, franc-maçon ; révoqué pour cette raison par le régime de Vichy, il entre précocement en résistance. C’est un excellent organisateur ce qui explique qu’il joue un rôle très important en Vendée dans l’organisation de son réseau.

Il est déporté au camp de Buchenwald en 1944 et décrit très précisément le fonctionnement du camp. La dernière partie de son livre sur la libération du camp, le retour à la vie civile et son engagement au service de la mémoire était très intéressante dans la perspective du Concours 2015.

Car le camp de Buchenwald est l’un des derniers libérés (Il est en effet au centre de l’Allemagne). C’est l’un des premiers camps mis en place par les nazis (1937) dans lequel les politiques (notamment communistes) ont réussi à s’occuper de l’organisation du camp en éliminant des fonctions de « Kapo » les détenus de droit commun.

Cela explique qu’en dépit des conditions de vie très difficiles (sous-alimentation, travail forcé, appels interminables), les violences quotidiennes (vols, coups, trafics en tous genres) soient moins importantes que dans d’autres camps et qu’une organisation clandestine ait pu se mettre en place en vue de libérer le camp le jour où les Alliés seraient proches (elle n’a en réalité servi à rien, les SS ayant décampé sans tirer un coup de feu). Cette organisation fait pression sur la direction du camp pour que les SS arrêtent les évacuations si bien que le camp est encore assez peuplé le jour où les Américains y pénètrent. Un serment solennel est tenu en place d’appel le 19 avril, quelques jours après la libération par les Américains.

Dans cet ouvrage Girard évoque ensuite la manière dont il rejoint la France (les tracasseries évoquées précédemment) puis parle de son engagement assez précoce au service de la mémoire : les dissensions entre associations d’anciens déportés, le concours de la Résistance.

Pour le concours de 2018 c’est davantage la première partie du livre qui est importante dans laquelle il évoque ses convictions et son engagement.

 

Andrée Gros-Duruisseau, Le Cahier, CDDP de Charente, 2008

La cahier

Un autre témoignage à résonance régionale est celui d’Andrée Gros-Duruisseau dans un petit fascicule, Le cahier, publié en 2008 par le Centre Départemental de Documentation Pédagogique de la Charente

Andrée Duruisseau n’a que quinze ans quand, en 1940, la ferme isolée  de ses parents, située dans le sud de la Charente, à proximité de la ligne de Démarcation commence à servir à accueillir des réfugiés. Progressivement la jeune fille s’engage tout comme ses parents et son frère dans un réseau qui dépend du BCRA, le Bureau central de renseignement et d’action, qui fait le lien entre la France Libre à Londres et la France occupée : transmission de renseignements militaires, réception des parachutages d’armes, de matériel, sabotages…

En mars 1944, la Gestapo vient arrêter la famille à la ferme. Son père et son frère ne sont présents. Seule Andrée est emmenée à Angoulême, battue avant d’être transférée au Fort de Romainville. Elle part pour l’Allemagne le 6 juin 1944, le Jour du Débarquement de Normandie, pour Ravensbrück, ce camp des femmes proche de Berlin.

La guerre terminée Andrée rentre se ressourcer à la ferme, auprès de sa famille. Là elle couche sur un cahier d’écolier toutes les horreurs qu’elle a endurée. Et puis la voilà partie pour une nouvelle vie : elle se marie, a quatre enfants… Ce n’est que des dizaines d’années plus tard que le vieux cahier d’écolier, rongé par les souris, est ressorti, relu, publié. Andrée Gros-Duruisseau sort de l’ombre et se met à parler aux collégiens et lycéens de Charente et de Gironde. Elle continue jusqu’à ce jour.

Lien vers une intervention filmée en 2016 au lycée Marguerite de Valois sur Vimeo : Intervention de Mme Gros-Duruisseau

On trouvera également de très nombreuses informations factuelles sur les résistants du Sud-ouest (Dordogne, Charente…) sur le blog très documenté d’un Britannique passionné d’histoire : resistancefrancaise d’Alan Latter et Tony P.

 

 

 

 

Publicités
Cet article a été publié dans CNRD, Histoire. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s