Des graphiques pour visualiser le poids économique, démographique et le niveau de développement des membres du G20

Au retour de ces vacances, je cherchais un document sur le G20 pour passer en douceur avec mes élèves de Terminale du chapitre de Géographie sur « L’inégale intégration des territoires dans la mondialisation » à celui d’Histoire sur « La gouvernance économique mondiale depuis 1944 » . Je n’en ai pas trouvé… alors j’ai essayé d’en créer un qui puisse permettre de mémoriser ce chapitre… autant qu’il puisse servir à d’autres (notamment à être critiqué et amélioré) (le fichier de données est en fin d’article et permet de retravailler ces graphiques).

Le Revenu National Brut des membres du G 20 : un bon indicateur de leur poids économique

G 20 RNB

Une représentation raisonnée  du G 20 : données INED Population et sociétés Tous les pays du monde 2017 (graphique CLG APHG 2018)

Des statistiques récentes et facilement utilisables : INED et PNUD

Ce graphique s’appuie sur les chiffres de la nouvelle édition de Population et sociétés Tous les pays du monde de l’INED (Institut National d’Etudes Démographiques) de septembre 2017INED Tous les pays du monde 2017, (Cette petite brochure de 8 pages qui paraît tous les 2 ans donne des statistiques démographiques faciles à utiliser et sous un format papier très pratique). Un deuxième document de 43 pages qui provient du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) fournit des données et des commentaires sur l’IDH (Indicateur de Développement Humain) : IDH 2016.

Cet article s’inscrit dans la lignée d’articles parus l’an passé sur la manière de concevoir des tableaux et graphiques pour nos élèves (voir par exemple : Construire des graphiques population rurale en France et en Chine) et parmi ceux qui offrent des ressources pour le BAC (voir par exemple : Pondichery et les Internautes)

Définition et justification du R.N.B. p.p.a. comme indicateur

Le R.N.B. p.p.a. signifie Revenu National Brut en parité de pouvoir d’achat. Le RNB  désigne  la somme des revenus (salaires et revenus financiers) perçus, pendant une année, par les agents économiques nationaux.

L’expression « p.p.a. » précise qu’on tient compte du fait qu’avec 1 $ on peut acheter beaucoup plus de biens dans un pays à faible niveau de vie comme en Inde ou en Indonésie que dans un pays industrialisé développé comme la France et, par conséquent, cette rectification permet d’affiner la comparaison entre les RNB des pays.

Réfléchir à un ordre logique permettant de mémoriser plus facilement des données démographiques et économiques

Si les statistiques internationales classent les pays par ordre alphabétique,  par continent ou par ordre de RNB  décroissant, ce n’est pas le choix que j’ai fait ici. Car il s’agit  de réussir à comprendre comment s’est construite historiquement cette organisation qui espère améliorer la gouvernance économique mondiale et compte 20 membres dont l’Union européenne et de mémoriser par cœur ces 20 membres et leurs caractéristiques !

Or notre « empan mnésique » comme disent les spécialistes est grosso modo de 5 à 7… il est donc nécessaire de classer les choses de manière logique (soit de manière chronologique quand on est historien) si l’on est amené à mémoriser une liste de 20 éléments.

La logique de composition du G 20

Le tableau suivant montre donc comment s’est construit ce G20, depuis un G7 rassemblant à partir de 1976 les 7 plus importants pays à économie de marché du monde  (pour tenter de trouver des solutions à la crise économique mondiale et à la fin de la convertibilité en or du dollar -1971-) en passant par le G8 en 1997 incorporant la Russie (après l’effondrement du bloc soviétique et l’éclatement de l’URSS)  jusqu’au G20 qui incorpore un certain nombre de nouveaux pays incontournables dans le cadre de la mondialisation (notamment des puissances émergentes) et intègre l’Union Européenne (Cette construction politique et économique unique au monde, dont le RNB est supérieur à celui des États-Unis et qui regroupe plus de 500 millions d’habitants).

G20 tableau

Les exclus du G 20 ?

Ce tableau met également en évidence le fait que 3 pays aurait logiquement  pu faire partie de cette organisation vu leur poids démographique et/ou économique et/ou géopolitique : l’Iran, le Pakistan et le Nigeria, mais que les arbitrages internationaux ne l’ont pas permis pour l’instant.

Songeons quand même que le continent africain avec ses 1 250 millions d’habitants n’est représenté au G 20 que par l’Afrique du Sud, pays de 56 millions d’habitants !

Des graphiques avec des couleurs pour mémoriser plus aisément

Le choix des couleurs de ces graphiques reprend globalement le code couleur que j’ai adopté pour construire une typologie dans notre croquis sur  l’inégale intégration des pays dans la mondialisation. Mon idée est de proposer une gamme de couleurs du rouge au vert (deux couleurs complémentaires) en passant par l’orange, le jaune, un vert tendre, en faisant en sorte que les pays industrialisés développés (PID) moteurs historiques de la mondialisation apparaissent dans les couleurs chaudes (rouge, orange, jaune) par opposition aux pays en voie de développement (PVD) dont les PMA dominés dans le cadre de la mondialisation.

La population des membres du G 20 :  l’existence de 2 marchés convoités et à conquérir de près 1,4 milliard de consommateurs

G 20 population - Copie

Population des membres du G20 mi 2017 (données INED Population et sociétés, graphique CLG APGH 2018)

On a gardé le même ordre que dans le premier graphique pour classer ci-dessus les pays en fonction de leur population et ci-dessous selon leur RNB p.p.a./hab  :

Le RNB p.p.a./hab des membres du G20 : des disparités considérables au sein des pays émergents

G 20 RNB par hab.jpg

Le RNB p.p.a./hab en 2016 des membres du G20 (données INED Population et sociétés, graphique CLG APHG 2018)

Enfin on a construit un dernier graphique mettant en évidence l’IDH toujours avec le même ordre de pays (mais il n’y a pas de valeur pour l’Union européenne)

G 20 IDH.jpg

L’Indicateur de Développement Humain en 2015 (données PNUD rapport sur le développement humain 2016, graphique CLG 2016)

Pourquoi cet ordre et ces couleurs ?

On a d’abord en rouge les 7 pays industrialisés à économie de marché du G7 dont le classement n’a pas changé depuis les années 1970 : États-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie et Canada puisqu’ayant tous un niveau de développement élévé (un IDH autour de 0,900), leur classement  économique suit logiquement le classement de leur population, depuis le plus peuplé les États-Unis (325 millions) jusqu’au moins peuplé (le Canada avec ses 36 millions d’habitants).

Mais j’ai rajouté à leur gauche l’Union européenne (sauf pour l’IDH dont je n’ai pas trouvé de valeur) dans un rouge moins appuyé -car l’UE n’est pas un État… pour suggérer que s’il en était un il serait au 2e rang derrière la Chine par son poids économique, au 3e par son poids démographique derrière la Chine et l’Inde.

Ensuite la Russie en jaune (couleur chaude) est un cas unique : si l’URSS de 1990 était la 2e puissance économique mondiale (en tout cas dans les statistiques dont nous savons aujourd’hui qu’elles étaient largement « fumeuses »), son poids économique s’est effondré dans les années 1990 avec la recomposition de son économie mais, aujourd’hui, grâce à son immense territoire et ses richesses, la Russie a le 6e RNB derrière 3 pays industrialisés et les 2 géants démographique d’Asie. En même temps son niveau de vie moyen reste assez faible et masque de très fortes inégalités sociales qui n’existaient pas de la même manière à l’époque communiste.

Puis les 11 nouveaux pays qui ont été admis au G20 sont classés par ordre de RNB décroissant avec des couleurs (froides pour les pays en voie de développement, chaudes pour les PID) mettant en évidence des disparités :

  • d’abord les 2 géants d’Asie, Chine et Inde qui sortent du lot par leur poids démographique à peu près équivalent presque 1,4 milliard d’habitants et sont devenues respectivement la 1ère et la 3e puissance économique mondiales. Mais le niveau de vie moyen reste assez bas en Chine et très bas en Inde, masquant de plus des inégalités sociales exacerbées.

 

  • ensuite d’autres puissances émergentes en voie de développement : Brésil, Mexique, Indonésie, Turquie, Afrique du Sud.

 

  • deux pays industrialisés développés qui ne sont pas européens et jouent désormais un rôle dans la mondialisation : l’Australie (à cause de son immense territoire et des immenses ressources qu’il recèle) et la Corée du Sud (à cause de son développement accéléré depuis les années 1970)

 

  • un pays incontournable sur le plan géopolitique et qui joue un rôle majeur sur le marché du pétrole : l’Arabie Saoudite

 

  • enfin une bizarrerie : l’Argentine, pays vaste mais peu peuplé (moins de 45 millions d’habitants), incapable de fournir des statistiques permettant à la Banque mondiale de calculer son RNB… mais qui a un niveau de développement au dessus des puissances émergentes que nous avons citées.

Nos manuels actuels mettent beaucoup l’accent sur le groupe des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Personnellement, à part le fait que se groupe de lettres est facile à retenir, ce groupe de pays ne me semble pas avoir de réelle cohérence  comme on le voit si bien sur ces graphiques en barres : à part Chine et Inde qui présentent des profils comparables (poids démographique à peu près équivalent, mode de développement assez comparable -même si l’Inde reste plus pauvre en moyenne et moins extravertie-, les 3 autres pays présentent des profils et problématiques bien différentes… La seule chose qu’ils ont en commun ce sont des taux de croissance annuelle exceptionnellement élevés pendant la décennie 2000 ! (et donc la possibilité pour les investisseurs d’y gagner beaucoup d’argent !)

Par contre la limite « Nord »/ »Sud », qui a été un peu oubliée dans nos programmes comme si elle n’était plus pertinente, me semble toujours un marqueur important qui fracture la planète. Comment comprendre sinon tous ces migrants de pays en voie de développement très pauvres qui cherchent à pénétrer aux États-Unis ou en Europe y espérant une vie meilleure ? Ce n’est pas parce que certains quartiers des grandes villes des pays émergents sont devenus aussi riches, aussi modernes et bien entretenus que dans nos pays industrialisés développés, que cette limite a disparu. Quant au cas de la Russie, malgré le faible niveau de vie des habitants des villes autres que Moscou et Saint-Pétersbourg, le niveau d’alphabétisation dans ce pays reste très élevé et c’est à mon sens un élément essentiel pour l’avenir.

Voilà pourquoi je continue à vouloir représenter en couleurs chaudes les pays industrialisés développés, dont la Russie, pays qui ont été les moteurs de l’industrialisation à l’échelle mondiale et ont des caractéristiques qui traduisent cette antériorité (transition démographique terminée depuis longtemps, alphabétisation générale depuis longtemps) et, en couleurs froides, les pays en voie de développement dont les 4 autres pays des BRICS (dont l’essor est plus spectaculaire mais qui ont aussi à faire face à cette transition démographique et à l’alphabétisation de leur population souvent très jeune).

Lien vers le fichier Excel de données et de graphiques : G 20 fichier données et graphiques

Lien vers le fichier Word du tableau de données mis en page : La logique de composition du G 20

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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