Rentrer à bon port la nuit à La Rochelle !

Déambulation pédestre le long du chenal

Dans le cadre de la première « Nuit de la Géographie », l’Association des Professeurs d’Histoire-Géographie Poitou-Charentes vous propose  un petit parcours pédestre entre la passerelle Nelson Mandela et la FLASH, le long du chenal d’accès au Vieux Port.

Chenal port LR

Le chenal d’accès au port de La Rochelle, à gauche la tour de la Lanterne qui servait d’amer le jour et de phare la nuit, le reste de rempart, les tours de la Chaîne et St Nicolas

L’occasion d’une réflexion sur la manière de se repérer la nuit, d’hier à aujourd’hui, quand on veut rentrer à bon port. Quelque chose d’essentiel à La Rochelle depuis sa fondation.

L’occasion aussi d’une initiation à la démarche géographique qui, classiquement,  part d’une observation de terrain… de jour… rendue difficile la nuit mais aussi plus poétique et mystérieuse !

L’occasion également d’une réflexion sur les nouveaux usages des Smartphones et des GPS pour se repérer… tout en travaillant sur une petite carte à l’ancienne.

Une démarche dont pourraient s’inspirer nos collègues pour travailler avec leurs élèves sur leurs « territoires du proximité ».

I. Se repérer dans un espace à 3 dimensions,  de jour et de nuit ?

De tous temps les voyageurs (et notamment les navigateurs) ont cherché à se repérer en utilisant :

  • soit les astres : la course du soleil de jour – ce qui est assez simple- ; la lune et les étoiles de nuit -ce qui est plus technique même s’il assez facile de trouver l’étoile polaire et donc le Nord !-
  • soit des points de repères situés en hauteur (dont la visibilité doit être renforcée par des couleurs le jour et signalés par un éclairage de nuit).

Sur un littoral bas comme le littoral charentais, il est difficile de retrouver son chemin en venant du large si l’on ne dispose d’aucun point de repère, d’où la construction d’amers et de phares qui sont des éléments caractéristiques de nos paysages littoraux.

Clocher d'ARs en ré

Le clocher d’Ars-en-Ré avec sa pointe caractéristique noire et blanche servant d’amer. De nombreux clochers de la région ont cette allure

Le phare des baleines situé à l’extrémité nord de l’île de Ré et le petit phare des baleineaux situé à proximité, illustrent cette  problématique.

phare des baleines

Le phare des baleines à l’extrémité nord de l’île de Ré (à gauche).  Il date du milieu du XIX e siècle : il mesure 57 m. La portée de son feu est de 50 km. A droite, l’ancien phare construit par Vauban au XVIIe, ne mesurait que 29 m

phare des baleinaux.jpg

Le phare des baleineaux situé en mer à 3 km du précédent . Il mesure 31 m et date également du milieu du XIX e siècle

On constate que ces phares n’ont été en réalité utilisables pour accoster de jour comme de nuit  que depuis le milieu  XIX e siècle (depuis l’âge industriel).

Auparavant les navigateurs étaient moins pressés : accoster de nuit dans un port était une chose incongrue, dangereuse, sans intérêt voire interdite !

Ce n’est plus le cas dans le monde d’aujourd’hui : les grands ports de commerce doivent être accessibles en permanence (en tout cas si la marée et les conditions météorologiques le permettent), il en est de même des ports de pêche.

II. Se repérer  sur un plan, de jour comme de nuit ?

Voici un petit plan (sans orientation) qui représente l’arrivée dans le chenal d’accès au Vieux Port de La Rochelle :

Plan La Rochelle vierge.jpg

Difficile de se repérer de jour comme de nuit avec un simple fond de carte (même avec une échelle) ! Un peu de débroussaillage est nécessaire pour s’approprier un tel document, le rendre lisible ! Orientation, couleurs, noms, légende, figurés… voilà le travail du géographe !

III.  La Rochelle, un exemple de ville construite sur un site partiellement marécageux et donc inondable…

La Rochelle est une ville qui s’est installée au Moyen Age sur un site partiellement marécageux sans aucune éminence : il n’y a donc aucun point de repère naturel disponible ni de jour ni encore plus de nuit : il a fallu en créer !

A La Rochelle le point culminant  se trouve à 30 m environ (vers l’ouest de la ville à Mireuil)  mais la vieille ville se trouve construite sur un soubassement calcaire qui est à moins d’une dizaine de mètres et le quartier universitaire des Minimes se trouve autour de 3 m.

On peut s’en convaincre en visualisant une carte topographique interactive des altitudes :

http://fr-fr.topographic-map.com/places/La-Rochelle-111/

Donc les points de repères ne peuvent être que des constructions : tours et immeubles.

Par ailleurs le site de La Rochelle présente des lacs (de retenue), des marais (notamment ceux de Tasdon), un canal (celui de Marans), des parcs.

Parc Charruyer.jpg

Le parc Charruyer à La Rochelle (les Rochelais l’appelle « les parcs ») : il se situe à l’emplacement d’anciens terrains marécageux près des anciennes fortifications détruites au XIX e siècle et sinue sur 2 km de la Porte Dauphine à la mer

Le long du chenal à côté de la Médiathèque l’eau est montée à près de 2 m lors de la tempête Xynthia en 2010 d’où les projets actuels de réaménagement de cette promenade et l’interdiction d’y mettre un pied en cas d’alerte à la submersion.

Xynthia-La-Rochelle-Tour-Saint-Nicolas limite inondation

Près de la Médiathèque, le trait de  peinture bleue indique le niveau atteint par la mer lors de la tempête Xynthia en 2010. A l’arrière-plan la tour Saint Nicolas

plaque Gabut.JPG

Le projet de réaménagement du Gabut et de la Ville en bois suite à la tempête Xynthia actuellement en cours de réalisation

IV Le problème du marnage et des marées : un épineux problème d’accès aux ports et notamment à celui de La Rochelle

Marées de vive-eau et marées de morte-eau

Le 31 mars 2017 le coefficient de marée du soir est de 100.  La haute mer était à 18 h 52, la basse mer à 12 h 58. Nous sommes donc à la fin d’une phase de marées de vive-eau qui a culminé le 30 mars avec un coefficient de marée de 109. C’est l’un des plus  importants de l’année (on aura un coefficient de 110 le mois prochain quand ce sera à nouveau la nouvelle lune).

Lors de la tempête Xynthia dans la nuit du 27 au 28 février 2010 le coefficient était de marée était de 102, presque comme ce soir. La différence était liée à la pression atmosphérique (très basse du fait de la dépression) et aux vents violents.

A La Rochelle le chenal d’accès au Vieux Port et au bassin des chalutiers (bassin à flot) est inaccessible à marée basse. Même le passeur électrique (qui a pourtant un faible tirant d’eau) qui assure la navette de la Médiathèque au quai des Dames ne peut pas circuler.

Rappelons que les phénomène de la marée est liée au cycle de la lune (28 jours) : on a des marées de vive-eau (fort coefficient de marée) en période de pleine lune et de nouvelle-lune (comme ce soir) c’est-à-dire quand l’attraction terrestre et lunaire se combinent  ; à l’inverse on a des marées de morte-eau (faible coefficient de marée) quand la lune est à son premier et son dernier quartier.

marées

Un petit schéma pour expliquer le phénomène des marées de vive-eau et de morte-eau

Pour en savoir plus sur les marées un petit article technique sur le blog d’un Rochelais :

http://www.kerignard.com/marees/

Le marnage

Le marnage est la différence entre le niveau de la haute et de la basse mer. Le marnage moyen est 3,80 m à La Rochelle ce qui est déjà important et explique la nécessité de construire des bassins à flot soit avec une seule porte (bassin des chalutiers et bassin des Yachts)  soit avec une écluse (comme c’est le cas au port de La Pallice).  Le marnage peut atteindre 6,60 m pendant les grandes marées.

Pour en savoir plus on peut se reporter à l’article du blog sur l’évolution technique du port de La Rochelle-La Pallice et plus largement des grands ports du monde confrontés aux nécessités de gagner du temps et donc de ne pas devoir dépendre de la marée :

https://aphgpoitoucharentes.wordpress.com/2015/10/14/port-atlantique-la-rochelle-6e-port-francais/

V. Un autre problème du littoral charentais : l’inéluctable envasement !

Draguer toujours draguer… telle est la problématique permanente d’un littoral bas comme le littoral charentais où l’envasement (c’est-à-dire l’apport de sédiments très fins par les cours d’eau qui se déposent dès que la pente se fait plus faible) est un phénomène hydrologique naturel.

C’est cette sédimentation qui a progressivement -à l’aide d’une intervention humaine à partir de l’an 1000-  fait disparaître le golfe des Pictons au nord de La Rochelle et l’a transformé en « marais poitevin ».

golfe des Pictons

L’ancien golfe des Pictons et ses îles calcaires (Marans, Champagné…) où se sont installés les villages

Au sud de La Rochelle,  l’embouchure de la Charente est également très touchée par ce phénomène d’envasement du chenal qui rend l’utilisation du port de Rochefort  compliquée (aujourd’hui un bassin à flot avec un sas et un tirant d’eau de 5,70 m ) et un autre à Tonnay-Charente un peu plus en amont (bassin à flot avec un tirant d’eau de 6,50 m).

Le port militaire de Rochefort a été fondé à l’époque de Louis XIV c’est à-dire une période où le tirant d’eau des navires était faible mais, dès le départ, les problèmes d’envasement et de dragage du chenal ont été présents. Le musée de la Marine de Rochefort montre des maquettes représentant différents systèmes utilisés pour draguer le chenal.

En 2014 quand on a voulu faire sortir de sa forme de radoub la réplique de l’Hermione, frégate de Lafayette ayant un tirant d’eau de 5,78 m , il a fallu atteindre une marée de vive-eau et la marée haute pour réussir à enlever le bateau-porte puis faire remonter l’Hermione jusqu’au port de commerce de Tonnay-Charente avant de pouvoir attendre une autre marée haute pour qu’il rejoigne la haute mer.

Hermione et drague

La réplique de l’Hermione de La Fayette (datant de 1777) construite à Rochefort entre 1997 et 2014 s’apprête à sortir de la forme de radoub le 6 septembre 2014 après un sérieux dragage !

A La Rochelle le problème se pose également et explique la présence dans le port des Minimes d’une drague

dragage Vieux Port.JPG

Opération de dragage dans le Vieux Port de La Rochelle en 2012 grâce à la drague Avalis II  du Conseil Général de Charente-Maritime

    V. Que voit-on de jour depuis la passerelle Nelson Mandela ?

La passerelle Nelson Mandela est un nouvel aménagement construit dans le cadre de l’agrandissement du port de plaisance des Minimes. C’est une passerelle métallique qui permet d’accéder à la nouvelle digue  du Bout Blanc

Pour en savoir plus sur ce port de plaisance on pourra se reporter à l’article de notre blog qui fait un compte-rendu d’un café géographique que nous avions organisé en 2015 sur ce thème :

Voici ce qu’on pourrait voir en plein jour à l’endroit où démarre notre petite promenade : les 3 tours (tout particulièrement la tour de la Lanterne, la Grosse Horloge, l’église St Sauveur, les 2 phares d’alignement et l’hôpital

Vue arrivée à bon port depuis passerelle Mandela.JPG

Depuis le bout de la passerelle Nelson Mandela vue sur la vieille ville de La Rochelle et l’entrée vers le Vieux port

Quelques précisions (historiques et géographiques) sur ces différents éléments du paysage :

  • La Tour de la Lanterne (dite aussi Tour des Quatre Sergents avec sa flèche) qui culmine à 55 m.
  • tour de la Lanterne marée basse

    La tour de la Lanterne à marée basse. Elle culmine à 55 m

Cette tour qui servait de phare (grâce à sa petite lanterne), et d’amer (grâce à sa flèche). Elle a été terminée au XV e siècle. Elle a longtemps servi de prison (d’où la présence de nombreux graffitis  gravés dans la pierre. Cela a  notamment été le cas sous la Restauration pour deux des quatre conspirateurs  guillotinés en 1822 (les fameux « Quatre sergents »). La tour  a été très récemment totalement restaurée si bien que la pierre calcaire apparaît vraiment très blanche de jour, de manière moins frappante avec l’éclairage nocturne. Deux gargouilles à l’effigie des dessinateurs Cabu et Wolinski y ont été installées, permettant de dater cette restauration (2015).

  • La Tour Saint Nicolas (à droite en entrant dans le Vieux Port).
tour Saint Nicolas et chaîne.jpg

La tour de la chaîne à gauche, la tour Saint Nicolas à droite marquant l’entrée du vieux port. A l’arrière-plan dans l’axe le clocher de l’église Saint-Sauveur. Ici à marée presque haute

C’est de la tour Saint-Nicolas un peu plus ancienne (XIV e siècle) et qui culmine à 37 m que les plongeurs se jettent depuis la plate-forme située à 27 m (à marée haute !!!) lors d’une épreuve du Red Bull Cliff Diving, championnat du monde de plongeon de haut vol. Cette compétition qui attiré en 2016 près de 70 000 spectateurs sur le Vieux Port  s’est tenue à La Rochelle plusieurs fois depuis 2010 mais ne sera pas reconduite en 2017.

Reb Bull diving

Championnat de plongeon de haut-vol Red Bull diving depuis la tour Saint-Nicolas à La Rochelle 2016

  • La Tour de La Chaîne (à gauche en entrant dans le Vieux Port) :

Elle tire son nom de fait qu’au Moyen Age une chaine barrait l’entrée du port empêchant les navires d’entrer et de sortir la nuit… sans payer les taxes !

Elle date également du XIV e siècle. Elle est un peu moins haute : 20 m aujourd’hui contre 34 m à l’origine. Lors de la Fronde en 1651, La Rochelle a pris parti contre le roi Louis XIV d’où des affrontements au cours desquels la tour explose partiellement. Elle restera presque 300 ans sans toiture avant d’être classée monument historique au début de la IIIe République (1879),  restaurée à partir du début du XX e siècle (1908)… mais les travaux de toiture n’aboutissent qu’en 1952 ! Elle ne sert de salle d’exposition qu’à partir de 1998 (à l’occasion du 400e anniversaire de l’Édit de Nantes puis à partir de 2008 est mise en place l’exposition actuelle pour le 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec par Samuel de Champlain. La tour de la Chaîne a été fortement endommagée lors de la tempête Xynthia en 2010.

Les autres points de repère  (moins visibles) :

  • La cathédrale Saint-Louis  du XVIII e siècle dont la nef est plus haute que les toits et qui présente un clocher séparé plus ancien : le clocher Saint Barthélémy (qui date du XVe siècle). Il était à l’époque du Grand Siège (1627-1628) le point le plus élevé de la ville.
  • La Grosse horloge qui est une ancienne porte de la ville construite entre le XIV e et le XVIII e siècle.
Vue Cour des Dames St Nicolas Fév 11

Vue depuis la Tour Saint Nicolas sur le Vieux Port (vidé pour cause d’opération de dragage) et la vieille ville avec à gauche la Grosse l’horloge et à l’arrière-plan la silhouette de la cathédrale Saint-Louis et le clocher Saint-Barthélémy qui dépassent de la ligne de toits

  • L’hôtel de ville actuellement en travaux suite à l’incendie de 2013 qui a ravagé sa toiture.
hôtel de ville La Rochelle

Incendie de l’hôtel de ville de La Rochelle en juin 2013 : des travaux de restauration sont actuellement en cours

  • La gare avec sa tour qui culmine à 45 m
gare La Rochelle

La gare de La Rochelle avec sa tour culminant à 45 m : commencée avant la Première Guerre mondiale elle n’est inaugurée qu’en 1922

  • L’hôpital Saint-Louis situé à proximité immédiate du centre historique (près de la porte Maubec) depuis la fin du XVII e siècle.
CHR La Rochelle

Le bâtiment principal du centre hospitalier de La Rochelle : 8 étages, sa silhouette domine la vieille ville

VII. Comment rentrer à bon port à La Rochelle ?

Plusieurs éléments marquent l’entrée au Vieux Port de La Rochelle et à celui des Minimes.

  • La réplique du « phare du bout du monde »

Elle se situe à la pointe des Minimes et son intérêt est purement touristique et historique. Elle date de 2000 et est la réplique d’un phare argentin situé à l’extrémité de la Terre de Feu.

phare du bout du monde.jpg

Le phare du Bout du Monde inauguré en 2000, photographié à marée basse depuis la plage des Minimes. Il s’agit d’une réplique du phare du même nom construit en 1884 en Terre de Feu, abandonné en 1902 et reconstruit en 1998.

  • La balise Richelieu

Elle  marque l’entrée dans le chenal. Elle tire son nom du fait qu’elle se trouve à l’emplacement où, pendant le Grand Siège de La Rochelle (1627-1628), Richelieu fit construire à cet emplacement une digue pour couper l’approvisionnement de la ville par la mer. Cette digue est représentée par un célèbre tableau exposé au Musée des Beaux-Arts de La Rochelle.

siège de La Rochelle

Le Cardinal de Richelieu au  siège de La Rochelle (huile sur toile, Henri Paul Motte 1881, musée des Beaux-Arts La Rochelle)

balise Richelieu.jpg

La balise Richelieu (à marée haute). A l’arrière-plan le parc du Mail

  • Les phares d’alignement rouge et vert

Deux phares d’alignement à 59°  permettent de suivre le chenal :  le phare postérieur quai Valin (le vert qui est le plus haut : 26,20 m) et le phare antérieur Gabut (le rouge 16,30 m). Ils datent de 1852. Leur feu blanc est synchronisé.

phare vert

Le phare vert du quai Valin, phare postérieur à 26,30m de hauteur

phare rouge

Le phare rouge situé au Gabut phare antérieur à 16,30 m

VIII. La carte du géographe !

Voici la carte  complétée et en couleurs de l’environnement que nous avons cherché à appréhender.  Les différents points de repères évoqués sont présents sur le plan et permettent de comprendre l’espace dans lequel on se situe :

  • en rouge le cœur historique de La Rochelle autour du Vieux Port avec sa ceinture de fortifications dont il ne reste que les 3 tours et 4 portes (Dauphine, Royale, Maubec -près de l’hôpital-,Grosse Horloge) ;
  • en vert les espaces non bâti (marais de Tasdon ; espaces verts et parcs (« Les Parcs »)
  • en orange l’espace bâti plus tardivement (XIX e et XX e siècles).

plan finalisé La Rochelle bon port.jpg

IX. Et les outils d’aujourd’hui : le Smartphone, le géographe et la carte ?

Le Smartphone est très utile de jour et encore plus de nuit. Avec  sa torche  ! Avec son GPS ! Avec son accès Internet  qui  permet d’accéder en temps réel à de très nombreuses informations concernant l’endroit où l’on se trouve !

Mais pour un géographe le risque est qu’il nous fasse oublier de regarder le paysage, de nous  nous poser des questions sur ce que nous voyons… c’est-à-dire qu’il place sans arrêt un filtre entre la réalité du terrain et l’observateur.

Ce filtre existait déjà dans notre approche classique du terrain mais il était plus discret et demandait un effort pour être interprété et utilisé : il s’agissait des cartes et une partie du travail du géographe consistait à en produire d’autres. Un travail artisanal et laborieux qui obligeait à trier ce que nous voulions faire ressortir du réel.

Le risque aujourd’hui est que les géographes, inondés de cartes grâce à Internet, perdent le goût  de produire  des cartes simples, à différentes échelles qui permettent, par la manière dont elles cherchent à  clarifier le foisonnement du réel, de mieux comprendre l’espace où l’on se trouve : un centre ville, une agglomération, une région, un pays, l’espace mondial…

La petite carte qui précède est une illustration de cette démarche. Mais le monde d’aujourd’hui préfère l’interactivité d’où le diaporama qui suit :

diaporama Rentrer à bon port à La Rochelle 28 03 17

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