Enseigner la Défense et la Sécurité : que fait l’Armée de l’Air ?

Un autre article, suite à la journée de formation du TRINÔME académique sur la base de Cognac.

 

pilote-de-chasse

La première image à laquelle nos élèves songent quand on évoque l’Armée de l’Air : un pilote de chasse seul à bord de son appareil volant à vitesse supersonique avec sa combinaison anti-G, son gilet de sauvetage et son casque…

Je me suis contentée  d’une succession de quelques questions/réponses à la fois utilisables par des professeurs mais aussi par leurs élèves. Quand on n’est pas spécialiste et qu’on cherche des informations sur ce thème, on en trouve beaucoup et de très précises.  Mais on a beaucoup de mal à  trouver les réponses aux questions simples qui sont celles de nos élèves !

De plus  les « aviateurs », qui sont dans l’action, s’intéressent beaucoup au « comment ». Nous qui sommes dans la formation initiale cherchons davantage le « pourquoi » des choses et toujours avec cette volonté d’explicitation et cet esprit critique que nous passons notre temps à essayer de transmettre à nos élèves en analyse de document !

Pourquoi une Armée de l’Air  ?

Elle a été officiellement créée en 1934.

Cela ne signifie pas qu’il n’y avait pas d’aviation militaire auparavant.

ordre-de-mobilisation-generale-1914

En 1914 il n’y a encore qu’une « Armée de Terre et une Armée de Mer »

Dès la Première Guerre mondiale les pilotes de guerre tel Guynemer (1894-1917) se font remarquer par leurs exploits. Mais ce n’est qu’à partir des années 1930 que cette nouvelle composante de l’Armée française s’organise.

ordre-de-mobilisation-generale-1939

En 1939 on parle « d’Armées de Terre, de Mer et de l’Air »

Combien y-a-t-il de personnels dans l’Armée de l’Air française ?

Environ 47 000 personnes dont 42 000 « aviateurs »(c’est-à-dire personnels militaires de l’Armée de l’Air) et 5 000 civils soit à peu près 20 % des effectifs de l’armée française.

A titre de comparaison l’Armée de Terre compte environ 92 000 personnels militaires et 8000 civils (55 % des effectifs) ; la Marine Nationale de 36 500 « marins » et 2 800 civils (25% des effectifs) soit un total de plus de 185 000 personnes pour les Forces Armées françaises qui dépendent du Ministère de la Défense. Ce total n’inclut pas la Gendarmerie Nationale (autour de 100 000 hommes) dont les personnels ont un statut militaire mais dépendent du Ministère de l’Intérieur.

Ces effectifs sont beaucoup moins importants qu’à la fin de la Guerre Froide où l’on avait dans l’Armée de l’Air environ 56 000 militaires sous contrat, 36 000 « appelés » (qui faisaient leur service militaire) et 5 000 civils, soit pas loin de 100 000 personnes. Il en est de même dans l’Armée de Terre et la Marine Nationale.

Cette baisse considérable des effectifs est liée à la suspension du service militaire en 1997 et, plus encore, à la modification du contexte géopolitique.

Après la fin de la Guerre Froide, la menace principale qui venait du bloc soviétique a disparu pour laisser place, dans un premier temps, à une phase un peu euphorique (avec l’idée qu’on pouvait démanteler une partie de nos installations) puis à une phase d’incertitude face à des menaces multiformes (régions déstabilisées, terrorisme…) qui amène à revoir l’organisation de notre Défense.

Cela explique la fermeture de nombreuses bases et l’actuelle restructuration de l’Armée de l’Air.

Où se trouvent les bases aériennes de l’Armée de l’Air ?

carte_bases_aeriennes_2011.jpg

Les bases aériennes en France, en outre-mer et à l’étranger (sur le site http://www.commando-air.com) (cette carte est plus simple à lire que celle proposée par le Ministère de la défense dans sa brochure de présentation)

Par rapport à cette carte qui date d’avant 2012 les bases de Metz, Nice, Brétigny et Taverny (région parisienne), Cambrai, Reims, Le Lamentin ont effectivement été dissoutes.

Les bases sont réparties sur le territoire national en fonction à la fois de l’histoire de l’Armée de l’Air et de ses besoins actuels. Il y en a 27 en France métropolitaine avec des tailles et des fonctions différentes.

Par exemple celle de Cognac est une petite base (environ 1 100 personnes) dont la mission principale est d’être une école de formation de pilotes militaires en début de formation.

La France dispose également de bases dans ses principales implantations outre-mer (Guadeloupe, Guyane pour l’océan Atlantique ; Réunion pour l’océan Indien ; Nouvelle-Calédonie et Polynésie pour l’océan Pacifique) (mais pas à La Martinique, à Mayotte, à Wallis-et-Futuna).  Elle a en outre négocié des accords pour avoir des bases à Djibouti, aux Émirats Arabes Unis (Abu Dhabi) et au Gabon (mais n’en a plus à Dakar depuis 2010).

Pourquoi des noms et des numéros aussi bizarres pour les bases et les unités ?

L’Armée de l’Air est très attachée à son histoire et ses traditions (c’est également vrai dans l’Armée de Terre et la Marine Nationale). C’est ce qui explique un élément qui, vu de l’extérieur, semble inutilement compliqué et génère de nombreux sigles.

Ainsi la base aérienne de Cognac s’appelle : base aérienne 709 de Cognac-Châteaubernard « Commandant Ménard » (d’où l’abréviation usuelle de BA709). Pourquoi un tel numéro ? Pourquoi un tel nom ? Pourquoi son escadron de drones s’appelle-t-il 1/33 « Belfort » et non pas 1 « Cognac » puisque c’est le seul en France et qu’il est basé à Cognac ?

En 1934, on a inventé un système de numérotation et on ne l’a jamais modifié. Il a été décidé qu’on numéroterait à partir du n°101 de cette manière :

  • bases opérationnelles : à partir du no 101
  • bases de support : à partir du no 200
  • bases écoles : à partir du no 701
  • bases de défense (parfois appelées « bases radar ») à partir du no 900.

Il manque des quantités de numéros car beaucoup de bases ont été dissoutes mais on comprend donc que la base de Cognac est une base-école avec son n° 709 et que les  bases voisines de Rochefort n°721 (École des sous-officiers de l’Armée de l’Air ((ESOAA) et Saintes-Thénac n°722 (École d’enseignement technique de l’Armée de l’Air)(EETAA) le sont également.

Par contre les deux bases situées dans les Landes, l’une à Mont-de-Marsan la n°118 et l’autre à Cazaux la n°120 sont des bases opérationnelles.

Quant au nom de la base, c’est généralement celui d’un officier qui s’est illustré dans la carrière : le Commandant Raoul Ménard (1909-1945) qui est le parrain de la base de Cognac est un pilote d’élite mort au combat en janvier 1945 lors d’une attaque sur l’Allemagne. Il a formé de nombreux pilotes.

Enfin, le plus étonnant, vu de l’extérieur, concerne les noms des escadrons (qui est le nom donné dans l’Armée de l’Air à l’unité opérationnelle de base). Quand certaines bases ont été dissoutes, leur personnel a été partiellement réaffecté ailleurs mais  les noms des escadrons ont été repris et leurs traditions transmises.

Ainsi, après la dissolution de la base n°132 de Colmar en 1993, l’escadron  de chasse 1/13 Artois s’est retrouvé à Cognac de même que l’escadron 2/12 Picardie de la base n°103 de Cambray dissoute en 2009. De la même façon l’escadron de drones de Cognac créé en 2010 a récupéré le nom d’un escadron de reconnaissance 1/33 Belfort dissout en 2010 et hérité de ses traditions (et notamment de son fanion).

Insigne fanion 1 33 Belfort.jpg

Le fanion de l’escadron 1/33 Belfort de drones de Cognac reçoit la croix de la valeur militaire des mains du général Mercier (ancien pilote de chasse ; général d’armée aérienne -5 étoiles-)  ;  lors d’une cérémonie en hommage au 70e anniversaire de la disparition du pilote Antoine de Saint-Exupéry (27 juin 2014)

Combien de femmes dans l’Armée de l’Air ?

Il y a un peu plus de 20 % de femmes dans l’Armée de l’Air ce qui fait environ 10 000 femmes.

équipe de piste de la patrouille de France 2017.jpg

L’équipe de piste de la patrouille de France 2017 : 1 femme parmi les 10 mécaniciens chargés de la maintenance des 8 Alphajets . Les 8 pilotes de la patrouille sont des hommes. Dans l’Armée de l’Air les femmes sont plus représentées dans l’aviation de transport, dans le personnel au sol chargé de l’administration, de  la logistique et de la communication.

Et combien de pilotes parmi ces « aviateurs » ?

Tous les personnels de l’Armée de l’Air ne sont pas des pilotes même si c’est à eux qu’on songe en premier. Mais allez donc trouver sur Internet le nombre de pilotes parmi nos environ 42 000 « aviateurs »  ! Cette information est introuvable… On trouve le nombre d’aéronefs mais pas de pilotes sur les brochures de présentation du Ministère de la Défense.

La seule information plus précise est que 7 % seulement des « aviateurs » sont du personnel navigant (pilotes, mécaniciens d’équipages, navigateurs) … si on fait le calcul cela fait environ 3 000 personnes. Mais, parmi eux, combien de pilotes de chasse ? Combien de pilotes de transport ?

Cela n’est pas mentionné comme si l’Armée de l’Air voulait ainsi suggérer qu’un pilote n’est rien sans tous ceux qui gravitent autour de lui et lui permettent de voler dans les meilleures conditions de sécurité à bord de ces aéronefs qui sont un défi à la pesanteur.

Mais cela veut dire qu’un élève de Troisième qui rêverait d’entrer dans l’Armée de l’Air pour devenir pilote de chasse doit savoir qu’il y a beaucoup plus de probabilité qu’il y exerce un autre métier. C’est d’ailleurs ce que suggère le site de recrutement de l’Armée de l’Air  qui propose 80 métiers (voir à la fin de l’article).

Combien d’aéronefs dans l’Armée de l’Air ?

  •  224 avions de combat (dont les Rafales)
  • 169  avions de formation et d’entraînement (dont les Grob 120)
  • 79 avions de transport (dont les A 400M Atlas)
  • 79 hélicoptères (dont les Puma)
  • 27 avions de liaison
  • 20 avions de support des opérations (par exemple ravitailleurs)
  • 6 drones (Harfang et Reaper)

« Aviateurs » et aéronefs ?

Il n’y a pas que les « aviateurs » qui possèdent des aéronefs !

Les autres composantes de l’armée : l’Armée de Terre et la Marine Nationale disposent également d’aéronefs pour leurs propres missions. C’est également le cas pour la Gendarmerie Nationale. Il sont alors pilotés par des personnels qui n’appartiennent pas à l’Armée de l’Air.

Ainsi l’Armée de Terre dispose  de l’ALAT (Aviation Légère de l’Armée de Terre) qui est principalement composée d’hélicoptères :  300 environ et de quelques avions de liaison. C’est d’ailleurs l’école de l’ALAT à Dax ( l’EALAT) qui forme tous les pilotes d’hélicoptère qu’ils soient dans l’armée de terre, « marins », « aviateurs » ou gendarmes.

La Marine Nationale dispose d’aéronefs qui sont embarqués sur les différents bâtiments et notamment sur le porte-avion Charles de Gaulle. Elle possède ainsi 60 avions de chasse (Rafales, Super-étendard), une vingtaine de patrouilleurs (Bréguet Atlantique II), une cinquantaine d’hélicoptères de combat, une quarantaine d’avions et d’hélicoptères de soutien maritime. On parle d' »aéronavale » pour désigner ces aéronefs qui appartiennent à la Marine Nationale.

« Tous pour les aéronefs » ?

Si on simplifie (beaucoup), les « aviateurs » travaillent tous pour que leurs aéronefs soient utilisés de la manière la plus efficace possible. Les aéronefs sont donc au cœur de leur mission. Ils doivent pouvoir les protéger, les entretenir et les réparer quand ils sont au sol. Il doivent être capables d’utiliser au maximum leurs possibilités technologiques quand ils sont en vol  ; ils doivent aussi convaincre les autres composantes de l’Armée et le pouvoir civil du côté irremplaçable des aéronefs de l’Armée de l’Air pour certains types de missions.

A l’inverse les aéronefs dont disposent la Marine Nationale, l’Armée de Terre et la Gendarmerie Nationale ne sont qu’un moyen technologique -parmi d’autres également très sophistiqués- (notamment les sous-marins ou les chars) pour rendre leurs missions plus efficaces.

Les « aviateurs » dans les  « structures interarmées » ?

Environ 12 000 « aviateurs »  soit près de 30 %  des effectifs ne travaillent pas directement pour l’Armée de l’Air mais dans des « structures interarmées » c’est -à-dire en collaboration avec l’Armée de Terre et la Marine Nationale.

Il est logique que les « aviateurs » soient présents à l’État-major à Paris car les actions de l’Armée de l’Air doivent être décidées et coordonnées avec celles de la Marine Nationale et de l’Armée de Terre sous le contrôle du pouvoir civil.

Ils sont également présents à l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) qui est le système d’alliance militaire créé en 1950 qui unit l’Europe Occidentale à l’Amérique du Nord (États-Unis et Canada). Ainsi le général Mercier qu’on voit sur la photographie précédente a été affecté en 2015 comme « Commandant allié Transformation » de l’OTAN (un poste de très haut niveau) et se trouve basé à Norfolk (aux États-Unis).

Certains services nécessitent également la présence de militaires des différentes armes (air-mer-terre) donc d' »aviateurs » :

  • le  renseignement
  • le service des essences des armées (SEA) -qui s’occupe, pour simplifier, d’acheter du carburant !-
  • le service de santé des armées -qui veille au suivi médical du personnel-
  • le service des communications -qui veille à ce qu’un réseau sécurisé permette d’échanger des informations –
  • le service du commissariat des armées  qui s’occupe de l’administration générale …

Les « aviateurs » doivent d’abord  protéger, loger et nourrir le personnel qui protège, entretient et utilise leurs aéronefs !

Les bases aériennes sont des lieux sécurisés et une partie du personnel est astreinte à la surveillance des bases face à d’éventuelles intrusions au sol et par voie aérienne.

Le matériel utilisé sur les bases est très coûteux. On y stocke des matières inflammables et de l’armement… donc il est nécessaire de consacrer des moyens humains importants à cette mission. Et, depuis les attentats de 2015, les dispositifs de sécurité ont été renforcés (notamment pour le contrôle d’identité des visiteurs à l’entrée).

Mais il y a aussi toute une logistique à mettre en œuvre liée au logement d’une partie du personnel, à la restauration (d’où des « mess »), à l’entraînement physique (d’où des installations sportives) avec la nécessité d’avoir des cuisiniers, des moniteurs d’éducation physique…  Tout cela demande donc beaucoup de personnel.

On pourrait se dire qu’il n’y a pas besoin que tous ces gens (gardiens, pompiers, cuisiniers, moniteurs d’éducation physique, etc…) soient des « aviateurs » (du personnel militaire de l’Armée de l’Air) : pourquoi ne pas faire appel à des sociétés de restauration, à des sociétés de gardiennage, à des salles de gym extérieures, aux pompiers… ?

Cette manière de raisonner s’appelle « externaliser » un service. Elle est plus intéressante dans le monde de l’entreprise que dans l’armée car elle permet une mise en concurrence des entreprises et le choix de celle qui est la plus performante.

L’Armée de l’Air utilise pourtant l’externalisation mais uniquement pour certaines missions : à Cognac par exemple pour la maintenance de ses avions-école. C’est la société  CATS (Cassidian Aviation Trainig Services), filiale d’Airbus qui, depuis 2006, a obtenu le marché. Elle entretient à la fois les avions-écoles et les simulateurs de vols qui sont vendus avec (c’est ainsi que sur la base de Cognac il y a une centaine de personnes qui sont des salariés de CATS et non des militaires).

Mais, pour le reste, l’externalisation n’est sans doute pas une très bonne idée car les « aviateurs » ont tous une formation militaire commune qui crée un esprit de corps, aussi, quelle que soit leur fonction habituelle (cuisinier, standardiste, logisticien…), ils peuvent être appelés en renfort à protéger leur base. On fait également appel pour cela à la réserve.

Les « aviateurs » assurent la surveillance quotidienne de  notre espace aérien face à des menaces agressives

Chaque jour ce sont plus de 10 000 aéronefs qui survolent notre espace aérien (sans compter les mouvements des petits avions des aéroclubs). 99,999.. % d’entre eux sont des aéronefs civils qui ont une immatriculation, un plan de vol précis, répondent sur la fréquence prévue aux contrôleurs aériens qui les suivent  et ne manifestent aucune intention hostile. Mais se passe-t-il si on s’aperçoit qu’un aéronef n’est pas identifiable, ne répond plus et se met à suivre une trajectoire bizarre ?

L’une des premières missions de l’Armée de l’Air est donc de faire respecter la souveraineté de notre espace aérien en étant en mesure d’intervenir très rapidement  s’il se passe quelque chose de louche !

C’est ainsi que 24 h/24, 7 j/7, 4 avions de chasse sont en alerte, 2 à Saint-Dizier (dans l’Est), 2 à Istres (près de Marseille). Ils sont capables de décoller en 7 mn de jour, 15 mn de nuit. Le pilote a déjà sa combinaison anti-G. Il n’a plus qu’à attraper son gilet de sauvetage, son casque et sauter dans l’appareil. Il ne sait pas s’il s’agit d’un entraînement ou d’une mission réelle. Ces avions de chasse (Rafale et Mirage 2000) sont armés de missiles nucléaires.

Selon les cas, il peut s’agir d’identifier un aéronef, d’aider un pilote qui a dévié de sa route et n’a plus de radio à se poser en l’escortant jusqu’à la piste d’atterrissage, de contraindre un avion suspect à se poser. S’il y avait réellement une intention hostile l’ordre pourrait être donné de l’abattre en vol…

Globalement il y a une centaine d’interventions par an qui sont le plus souvent des interventions bénignes. Toutes les autres sont des vols d’entrainement afin que les pilotes soient parfaitement opérationnels.

Pour désigner ce dispositif les « aviateurs » parlent de « Posture Permanente de Sûreté aérienne » (PPS).

Et quand la France organise une manifestation exceptionnelle où les risques sont importants comme le 70e anniversaire du Débarquement de Provence le 15 août 2015 (avec un grand défilé naval au large de Fréjus) ou la COP 21 (Conférence mondiale sur le climat qui s’est tenue au Bourget -Nord de Paris- pendant 3 semaines en décembre 2015), l’Armée de l’Air met en place un dispositif de sûreté supplémentaire.

70e-anniversaire-provence

La patrouille de France faisant son show devant le Porte-Avion Charles de Gaulle  à l’occasion du 70e anniversaire du débarquement de Provence le 15 aout 2014. Pour cette occasion l’Armée de l’Air a aussi été sollicitée pour renforcer le dispositif de sûreté aérienne.

Les hélicoptères sont également affectés à cette mission quand il s’agit de vérifier l’identité ou d’intercepter des aéronefs qui volent lentement (par exemple les avions des aéroclubs).

Les « aviateurs » et les missions d’assistance et de sauvetage

L’Armée de l’Air est capable de mettre à disposition ses aéronefs  pour essayer de retrouver un avion qui s’est écrasé ou pour venir en assistance à des populations sinistrées.

Ainsi dernièrement, en novembre 2016, un hélicoptère Puma basé en Nouvelle-Calédonie a pu secourir rapidement les populations d’un village de la côte Est totalement isolé après des inondations catastrophiques. Quelques jours plus tard un autre Puma basé en Corse intervenait pour héliporter des personnes réfugiées sur le toit de leur véhicule.

Puma Houaïlou nov 2016.jpg

Un Puma de l’Armée de l’Air basé à La Tontouta (aéroport international de La Nouvelle-Calédonie ) vient en aide aux populations sinistrées près de Houaïlou à 200 km de là (qu’on ne peut atteindre que par voie aérienne) en novembre 2016 suite à de très fortes intempéries

Les « aviateurs »  et les parachutistes ?

Les 4 composantes de l’Armée : Armée de Terre, Armée de l’Air, Marine Nationale et Gendarmerie Nationale utilisent des  parachutistes. Ils sont tous formés au même endroit à l’École des Troupes Aéroportées de Pau (ETAP) qui dépend de l’Armée de Terre. Ce sont des troupes d’élite spécialisées dans des missions complexes.

Le plus grand nombre d’entre eux est rattaché à l’Armée de Terre.

La Gendarmerie dispose du GIGN (Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale) (environ 400 personnes)

La Marine Nationale dispose de 7 commandos marine (environ 700 personnes)

L’Armée de l’Air dispose de 3 commandos parachutistes de l’air (CPA)  : le n°10 basé à Orléans, le n°20 basé à Dijon, le n°30 basé à Bordeaux (soit autour de 700 hommes).

cpa_-_cpa30_-_insigne

L’insigne du Commando Parachutiste de l’Air N° 30 basé à Bordeaux

Les « aviateurs » et la dissuasion ?

La France fait partie des 9 États du monde qui disposent de l’armée nucléaire et ce depuis 1960. Les autres puissances dotées d’une telle arme « de destruction massive » sont les États-Unis (depuis 1945), l’URSS puis la Russie (depuis 1949), le Royaume-Uni (depuis 1952), la Chine (depuis 1964), Israël (depuis 1967) l’Inde  (depuis 1974),le Pakistan (depuis 1998) et enfin la Corée du Nord (depuis 2006).

Après le lancement des deux bombes atomiques américaines en 1945 sur Hiroshima (6 août) et Nagasaki (9 août), cette arme n’a jamais été utilisée mais sert, selon la doctrine adoptée,  « d’arme de dissuasion » destinée à la fois à décourager une puissance nucléaire de s’en prendre à une autre mais aussi à dissuader les puissances qui ne le sont pas d’attaquer les puissances nucléaires et leurs alliés.

La France est la troisième puissance nucléaire même si sa puissance de feu a été considérablement réduite et se situe loin derrière celle des États-Unis et de la Russie.

En 1996 la France a démantelé la base qui se trouvait au plateau d’Albion (dans les Alpes du Sud près du Mont Ventoux)  où l’on avait 18 silos à missiles depuis 1971 (car ces installations n’étaient plus nécessaires après la fin de la Guerre Froide et vieillies).

En 2011 on a réduit d’1/3 le nombre d’aéronefs équipés d’armes nucléaires : on a supprimé un escadron et il n’en reste plus que 2, celui d’Istres (avec ses 20 Mirages 2000) et celui de Saint-Dizier (avec ses 20 Rafales). Ces appareils sont appelés la Force Aérienne Stratégique (FAS)

(N.B. l’adjectif « stratégique » signifie en effet « utilisant l’arme nucléaire », il est systématiquement utilisé dans les documents officiels peut-être pour moins effrayer les citoyens ?)

Ils ne sont pas les seuls à être armés de missiles nucléaires, c’est également le cas de la Force Aéronavale nucléaire, la FANu composée de 10 Rafales embarqués à bord du porte-avions Charles de Gaulle. La France dispose également de 4 sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) qui constituent la Force 0céanique Stratégique (FOST).

Où l’Armée de l’Air est-elle engagée militairement  ?

La page du ministère de la Défense fait le point en permanence sur les opérations en cours dans cet onglet :

http://www.defense.gouv.fr/operations

Les opérations militaires ont toujours un nom de code. Pour les historiens-géographes il est nécessaire de le transformer en un nom de lieu et une date !

Ainsi la France est engagée :

  • en Irak et en Syrie contre l’État islamique (Daesh) depuis septembre 2014 : c’est l’opération Chammal menée à la demande du gouvernement irakien, dans le cadre d’une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU et en accord avec nos alliés (à la fois l’aéronavale et l’Armée de l’Air qui a établi une base aérienne projetée en Jordanie)
  • au Sahel contre les groupes terroristes et notamment AQMI (Al Qaïda au Maghreb Islamique) depuis août 2014  : c’est l’opération Barkhane. A la demande du « G5 Sahel » (c’est-à-dire de 5 pays la plupart enclavés et pauvres du Sahel fortement touchés par le terrorisme : Mauritanie Burkina Faso, Mali, Niger, Tchad), la France a déployé des militaires de l’Armée de Terre et de l’Armée de l’Air. Cette opération a pris le relais de l’opération Serval au Mali en 2013 (où la France était intervenue à la demande des autorités maliennes en difficulté face aux terroristes qui avaient investi le Nord du pays). Dans le cadre de cette opération Barkhane les drones Reaper de l’Armée de l’Air surveillent la zone depuis leur base de Niamey. La France a perdu 8 hommes dans cette opération.
  • en Centrafrique la France a lancé depuis 2013 une opération appelée Sangaris sous mandat de l’ONU pour tenter d’enrayer la guerre civile. Ce sont des militaires de l’Armée de Terre qui y sont intervenus. La France a perdu 3 hommes.
  • La France est également engagée dans d’autres opérations moins médiatisées parce que moins spectaculaires et plus longues  : la lutte contre la piraterie au large de la Somalie avec l’opération Atalante qui a pris fin en 2015  ; une opération appelée Corymbe qui existe dans le golfe de Guinée depuis 1990  (missions assurées par la Marine Nationale). Elle continue à être présente au Liban depuis 1978 en appui de la Force Intérimaire des Nations Unies  au Liban (FINUL) (mission assurée par l’Armée de Terre).

Entrer dans l’Armée de l’Air ?

A chaque salon sur l’orientation, les militaires sont présents et les publicités sur « l’Armée de l’Air recrute » ne manquent pas. Le site suivant présente les métiers proposés et les filières d’accès :

http://air-touteunearmee.fr/metiers

Ce site est attractif et très bien fait mais il faut être conscient que la sélection est sévère  :

  • sur des critères physiques pour vérifier que le candidat tiendra le coup.
  • sur des tests scolaires et psychotechniques destinés à s’assurer qu’il sera capable de suivre avec profit une formation théorique et pratique complexe.
  • sur des entretiens destinés à cerner sa motivation et son profil psychologique pour vérifier qu’il sera capable de s’insérer dans une organisation qui nécessite du sang-froid et un véritable esprit de corps.

On peut aussi choisir d’être juste réserviste dans l’Armée de l’air. Il s’agit de suivre une courte formation militaire  (30 jours, accessible à partir de 17 ans) à la suite de laquelle on pourra chaque année, entre 10 et 30 jours, accomplir une nouvelle période de réserve.

Pour aller plus loin dans la rechercher d’informations :

  • Site du Ministère de la Défense qui est foisonnant (au moins autant que celui du Ministère de l’Éducation Nationale) :

http://www.defense.gouv.fr/

  • Plaquette du Ministère de la Défense : l’Armée de l’Air en chiffres 2015 :

armee-de-lair-en-chiffres-2015

Pour susciter un débat ?

  • Pour ceux qui s’inquiètent de  notre dissuasion nucléaire, le site d’Irénées, un site de ressources pour la paix qui présentent des fiches d’information très bien faites (notamment celle sur les 9 puissances nucléaires) :

http://www.irenees.net/index_fr.html

http://www.irenees.net/bdf_fiche-analyse-1051_fr.html

  • un essai engagé de Stéphane Hessel, Albert Jacquart et de l’observatoire des armements (organisation antimilitariste née en 2010), Exigez ! Un désarmement nucléaire total, Stock, 2012
Publicités
Cet article, publié dans Collège, Défense, EMC, Lycée, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s