L’Indonésie : quelques jalons pour les Terminales et les curieux !

Après cet article sur les Philippines, j’ai pensé qu’un article sur l’Indonésie, autre archipel d’Asie orientale peu connu,  pourrait également être une source d’exemples pour les Terminales. Un certain nombre de problématiques y sont communes et présentes dans notre chapitre « L’Asie du Sud et de l’Est, les défis de la population et du développement ». Ainsi, les difficultés de Manille (11,5 millions d’habitants) se retrouvent de manière assez similaire à Jakarta (23 millions d’habitants).

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Un groupe de jeunes Indonésiens en grande séance de selfies au temple hindouiste Candi Sukuh -Java Central- (d’où le port obligatoire d’un sarong à carreaux noirs et blancs), une entrée en matière originale pour parler de ce grand pays musulman d’Asie du Sud-Est (cliché CLG 2015)

J’ai eu la chance, en 2015, de pouvoir m’y rendre en voyage d’étude : un billet d’avion Paris/Jakarta était en effet  le prix que.l’Ambassade d’Indonésie à Paris offrait à 2 professeurs, lauréats de son concours d’essais sur l’Indonésie. J’ai donc été amenée  à lire un certain nombre de documents sur ce pays, à m’initier à la langue indonésienne et à mettre noir sur blanc quelques éléments sur l’histoire, la géographie et la culture indonésienne pour les élèves de mon lycée dans un petit journal lycéen (voir en annexe) .

Les voici remaniés, illustrés, avec une carte de localisation (à retravailler), un tableau comparatif des 3 grands archipels d’Asie orientale et quelques compléments en  fin d’article.

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Indonésie carte de localisation (CLG APHG 2017)

Dessinons l’Indonésie

Vue d’Europe, l’Indonésie apparaît comme un archipel lointain, assez confus sur une carte du monde. C’est aussi un pays près de quatre fois plus grand que la France : ce n’est donc pas un semis de petites îles, l’échelle de la carte est trompeuse. L’Indonésie est aussi le quatrième pays du monde par sa population, environ 250 millions d’habitants.

Mais comment s’y retrouver ? Dessinons d’abord de petits tirets pour symboliser l’équateur puis juste en dessous un long rectangle de 1 000 km d’ouest en est (l’île de Java avec ses 140 millions d’habitants où se trouve la capitale Jakarta). Voilà le cœur du pays avec ses paysages de rizières soigneusement irriguées dominées par des volcans actifs dont le redoutable Mérapi. Les densités y atteignent 1 000 habitants au km².

Puis, à l’ouest de Java, traçons un grand rectangle incliné (la grande île de Sumatra) et juste à côté, séparé par le long détroit de Malacca une pointe de pinceau (la péninsule malaise) d’où coule une petite goutte (l’île de Singapour). Attention ! Ces deux régions ne font pas partie de l’Indonésie.

Au nord de Java, continuons en traçant une sorte de gros pentagone (l’île de Bornéo) que l’on découpe en deux parties inégales : au nord deux petites provinces de Malaisie et le sultanat pétrolier de Brunei, au sud la province indonésienne de Kalimantan.

Ensuite une petite crevette un peu plus à l’est (l’archipel des Célèbes qu’on appelle Sulawesi en Indonésie) ainsi que de petites îles que l’on place comme autant de points de suspension à l’est de Java, en insistant seulement sur l’une d’elle (Bali). On termine par un rectangle massif situé encore plus à l’est et coupé en deux verticalement (l’île de Nouvelle-Guinée) dont la moitié occidentale est une province indonésienne (Papua) tandis que la moitié orientale est un État indépendant (la Papouasie-Nouvelle Guinée).

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schéma Indonésie CLG 2017

Résumons donc : l’Indonésie est un archipel complexe de près de 17 000 îles, qui s’étend sur 2 700 km du nord au sud et sur plus de 5 000 km d’ouest en est, un peu comme s’il existait un pays en Europe qui allait de la Bretagne à la Pologne mais où mer et terre s’enchevêtreraient : tanah-air (terre-eau), c’est ainsi que les Indonésiens désignent leur archipel et que les artistes le chantent.

Quelques faits et dates à retenir pour comprendre l’Indonésie d’aujourd’hui

La période hindo-bouddhique

Plusieurs royaumes concurrents sont attestés à Sumatra et Java à partir du VIIe siècle. Leur richesse se manifeste par la présence de monuments grandioses : temple bouddhiste de Borobodur (VIII e siècle), temples hindouistes de Prambanan et des environs (IX e siècle à Java central. Ces sanctuaires sont abandonnés rapidement sans qu’on en connaisse la raison précise (éruptions volcaniques, troubles politiques ?) Ces sanctuaires sont aujourd’hui très visités, surtout par des Indonésiens.

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Le temple de Borobodur (Java central) classé au patrimoine de l’UNESCO depuis 1991 (cliché CLG 2015)

L’islamisation progressive de l’archipel et l’arrivée des Portugais

A partir du XV e siècle la région s’islamise en commençant par le nord-ouest (sultanat d’Aceh au nord de Sumatra) sous l’influence des marchands qui commercent dans l’océan indien. Elle se poursuit vers l’est à Java. Certains refusent cette islamisation et se réfugient sur la petite île de Bali, qui reste aujourd’hui encore, hindouiste.

Au début du XV e siècle les navigateurs portugais commencent à installer des comptoirs dans la région (à Malacca et aux Moluques) et développent le commerce des épices avec l’Europe. Parallèlement ils entreprennent une œuvre de christianisation très partielle (Moluques).

L’aventure commerciale de la VOC, première multinationale au monde…

1602 : fondation de la VOC (Vereenigde Oost-Indische Compagnie) littéralement « Compagnie unie des Indes Orientales » par des marchands hollandais désireux de contrôler le commerce des épices sans devoir utiliser les Portugais comme intermédiaires.

1619 : la VOC installe son comptoir principal à Batavia (l’actuelle Jakarta) et connaît, pendant une grande partie du XVII e siècle, un enrichissement considérable avant de voir ses bénéfices se restreindre au XVIII e (du fait de la concurrence britannique) et de faire faillite en 1799.

Les mutations du XIX e siècle et du début du XX e

1811-1815 : Java passe provisoirement sous contrôle britannique avec comme gouverneur Sir Thomas Raffles (qui publie une précieuse Histoire de Java, découvre les ruines du temple de Borobodur… abolit l’esclavage et, au passage, instaure la circulation à gauche !)

1815 : la région repasse à nouveau sous contrôle néerlandais après le Congrès de Vienne. Les Néerlandais décident de l’exploiter directement et mettent en place un système de cultures forcées (dénoncé pour sa brutalité) : les plantations de café, thé, hévéa se développent à Java et Sumatra.

Parallèlement l’occidentalisation et l’alphabétisation d’un certain nombre d’indigènes conduisent, après la Première Guerre mondiale, à la naissance de mouvements nationalistes qui revendiquent l’Indépendance et réfléchissent à l’adoption d’une langue nationale.

La Seconde Guerre mondiale et la lutte pour l’Indépendance

1942-1945 : l’Indonésie est occupée par le Japon pendant la Seconde Guerre mondiale. Il en est de même de toute l’Asie du sud-est (Singapour, Malaisie, Indochine française, Philippines)

17 août 1945 : suite à la capitulation japonaise, l’Indonésie proclame son Indépendance mais les Pays-Bas entendent récupérer leur colonie et un bras de fer s’engage : c’est ce que les Indonésiens appellent la revolusi.

1949 : après quatre années de troubles et d’hésitations les Pays-Bas acceptent de se retirer et la Republik Indonesia Serikat est reconnue. C’est une république unifiée et non fédérale, cette précision est importante et explique pourquoi le régime va tenter de créer un sentiment d’unité nationale partagé entre les différentes provinces qui ont  pourtant des histoires très différentes. Le premier président est Sukarno, l’un des leaders du nationalisme indonésien depuis les années 1920.

L’Indonésie indépendante : du non-alignement de Sukarno à la dictature pro-occidentale de Suharto

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Le « Monas » (monument national) obélisque de 132 m de haut, surmonté d’une flamme en or domine Jakarta. Il se situe au centre de l’immense place de l’Indépendance (Lapangan Merdeka) de près de 100 hectares. Construit entre 1961 et 1975, sa forme est inspiré d’un symbole hindouiste, le linga. Un (petit) ascenseur permet d’accéder au sommet et d’avoir une vue panoramique sur la ville (cliché CLG 2015)

1955 : l’Indonésie accueille à Bandung une Conférence afro-asiatique rassemblant 29 pays nouvellement indépendants.

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Le diorama sur la Conférence de Bandung qu’on trouve dans le musée d’histoire nationale situé dans le sous-sol du Monas. Ce musée est destiné à créer auprès des jeunes Indonésiens de toutes les provinces du pays un sentiment d’identité nationale. On y trouve une succession de 51 dioramas représentant les grands épisodes qui ont construit l’Indonésie indépendante. Ce sentiment national est également lié à l’adoption de l’indonésien comme langue nationale et à l’idéologie officielle du « Pancasila » enseignée à l’école (cliché CLG 2015)

1965 : une répression féroce est menée à l’encontre du parti communiste indonésien accusé d’avoir mené un coup d’État contre le régime de Sukarno. Elle fait selon les sources entre 500 000 et 1 000 000 de victimes et est menée par un général inconnu Suharto qui oblige Sukarno à quitter le pouvoir.

1968 : Suharto est élu président. Il se rapproche des Occidentaux. Le pays entre dans une phase accélérée de développement économique, dopé par la découverte de gros gisements de pétrole. Le régime (« l’Ordre Nouveau ») est autoritaire et très corrompu mais l’analphabétisme diminue, le niveau de vie s’améliore.

1997 : une crise financière gravissime affecte les pays d’Asie orientale (Japon, Corée, Taïwan…). L’Indonésie entre dans une phase de récession très grave ce qui entraîne des émeutes à l’encontre de la minorité chinoise (1 200 victimes) et la chute de Suharto.

L’Indonésie d’aujourd’hui

1999 : l’Indonésie entre au G20 et renoue aujourd’hui avec la croissance économique (plus de 5 %  par an). Elle renoue aussi avec le pluripartisme et l’organisation d’élections démocratiques.

Le syndicalisme peut s’y exprimer librement comme nous avons pu le voir le 1er mai 2015 lors de l’immense manifestation qui a eu lieu dans Jakarta entre le quartier central des affaires et la place de L’Indépendance

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La manifestation du 1er mai 2015 à Jakarta : 300 000 personnes selon les autorités (cliché CLG 2015)

L’Indonésie est un pays émergent d’Asie peu connu d’où l’intérêt de ce petit tableau qui le compare à la fois avec les 2 autres grands archipels d’Asie orientale (Japon et Philippines) mais aussi la Chine :

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tableau comparatif archipels d’Asie du Sud-Est (CLG 2017)

On y voit les similitudes entre l’Indonésie et les Philippines qui sont à peu près au même stade de développement mais avec un avantage pour l’Indonésie où la fécondité est plus faible, le revenu moyen est un peu plus élevé et qui par son poids démographique est membre du G 20. Cependant ce tableau ne met pas en évidence les grandes disparités qui existent entre les régions les plus développées d’Indonésie qui sont aussi les plus densément peuplées (Java et Bali) et les provinces plus reculées (Papua, intérieur de Kalimantan, îles isolées).

L’Indonésie, premier pays musulman du monde

De par son poids démographique (250 millions d’habitants), l’Indonésie est le plus grand pays musulman du monde : plus de 90% des Indonésiens sont musulmans mais on y trouve d’autres religions dont la place est reconnue (christianisme, bouddhisme, hindouisme) et les pratiques animistes traditionnelles restent présentes dans certaines régions intérieures (notamment à Kalimantan).

C’est vers le XV e siècle que l’islam s’est implanté dans l’archipel venant recouvrir un fond animiste et hindou-bouddhiste. Seule l’île de Bali a résisté à cette islamisation et est restée hindouiste.

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La mosquée Masjid Istiqlal prise depuis le Monas . Le mot « masjid »vient de l’arabe et signifie mosquée ; « istiqlal » est le mot arabe qui signifie « indépendance » et qu’on trouve souvent dans le monde arabo-musulman (c’est le nom par exemple du parti indépendantiste marocain). La mosquée a été construite après l’Indépendance, c’est la plus grande d’Asie du Sud-Est, elle peut accueillir 120 000 personnes. Derrière (juste à gauche du minaret) la cathédrale (catholique) de Jakarta (1901). Le cliché montre aussi le voile de pollution qui recouvre la ville à partir du midi (cliché CLG 2015)

Jakarta : mégapole polluée et embouteillée

L’agglomération de Jakarta compte aujourd’hui plus de 23 millions d’habitants (c’est un ordre de grandeur équivalent à la population de Mumbai, capitale économique de l’Inde que nous étudions dans le programme de Terminale). Elle s’étale au sud de la côte sur un demi-cercle de près cinquante kilomètres de diamètre. Le site plat et marécageux mal commode n’a pas permis d’y construire un métro comme c’est le cas dans d’autres mégapoles de pays émergents.

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La circulation en pleine journée dans le quartier des affaires (Dukuh Atas). Au centre la statue du général Sudirman (commandant en chef de la guérilla au moment de l’Indépendance puis de l’armée de l’Indonésie indépendante (cliché CLG 2015)

La ville présente un centre moderne avec de grandes avenues, des bâtiments administratifs bien entretenus et des gratte-ciels modernes (moins élevés cependant qu’à New-York, Shanghai ou Dubai). Partout ailleurs, le bâti mêle des kampungs (ce terme désignant historiquement les quartiers indigènes) parfois très dégradés, des quartiers plus modernes avec de grands centres commerciaux (malls), des usines…

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Un exemple de l’enchevêtrement du tissu urbain à Jakarta : au premier plan la voie ferrée principale de Java (Jakarta-Yogyakarta-Surabaya) ; juste derrière un « kampung » (avec parabole !), une petite mosquée de quartier très bien entretenue et un centre commercial « Pasarraya » (« pasar » est la transcription indonésienne de bazar et « raya » siginifie « grand » donc Pasarraya signifie simplement supermarché, Pasarraya est une chaîne de supermarchés ! ) (cliché CLG 2015)

Je terminerai cet article par le commentaire d’un type de photographie  de moins en moins présent dans nos manuels de Terminale : celui d’un paysage rural. C’est comme si la mondialisation avait fait disparaître en Asie du Sud-Est les paysages de rizières irriguées soigneusement entretenus qui sont  pourtant l’élément traditionnel le plus caractéristique de la mise en valeur de cette région du monde et comme s’il ne restait plus que des villes tentaculaires et  des « shopping malls » ultra modernes !

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Un paysage rural à Java central (à proximité du temple de Prambanan en périphérie de Yogyakarta). Le propriétaire de cet antique  vélo de style hollandais (avec son système de freins à tige) est en train de finir de repiquer sa rizière. Image rétro et bucolique pour le touriste…

Le géographe  voit autre chose : comme partout dans le monde rural dans les pays en voie de développement même émergents, les paysans ont un niveau de vie moyen largement inférieur  aux autres actifs (ceux qui travaillent dans l’industrie, le commerce, les transports, les autres services).

La pauvreté des campagnes n’est pourtant plus aussi forte à Java qu’elle ne l’était au début du XX e. A l’époque elle avait poussé beaucoup de Javanais à la colonisation agricole  vers Sumatra et Sulawesi dans le cadre de la politique de « Transmigration »  destinée à soulager la trop forte pression démographique de Java. Certains avaient même choisi  l’exil (par exemple vers la Nouvelle-Calédonie pour y travailler dans les mines ou les plantations de café).

Java pourtant  ne  comptait que 28,5 millions d’habitants contre plus de 140 millions aujourd’hui. La densité rurale est donc beaucoup plus forte aujourd’hui mais les sources de d’enrichissement du pays sont liées à l’essor économique des autres secteurs que celui de l’agriculture vivrière :

  • celui de l’agriculture commerciale (plantations de palmiers à huile, d’hévéa…) destinée au marché international qui est développée dans des provinces moins peuplées (notamment à Sumatra)
  • celui de l’énergie (charbon -en essor surtout à Kalimantan et tourne autour de 270 millions de tonnes-, gaz et pétrole -en déclin, autour de 40 millions de tonnes-)
  • celui d’une industrie manufacturière travaillant pour l’exportation mais principalement pour le très  important marché intérieur
  • celui des services.

Aujourd’hui, dans ces campagnes  si densément peuplées et si proches des villes de Java central , l’électricité est présente ; les maisons montrent des signes d’entretien, d’agrandissement et d’amélioration ; on trouve des services modernes (par exemple de « laundry » qui propose un service de blanchissage) et de nombreux petits commerces.

Pour aller plus loin :

  • Une mise au point récente (2014) synthétique du Ministère de l’agriculture français sur l’agriculture indonésienne avec pour objectif de comprendre les politiques agricoles indonésiennes et  dans quels secteurs la France peut être bien placée pour exporter (6 pages)  :

http://agriculture.gouv.fr/sites/minagri/files/documents/pdf/fichepays2014-INDONESIE_cle855cb4.pdf

  • Le fichier du schéma simplifié à retravailler :

schema-localisation-indonesie

  • Le fichier de la carte de localisation à retravailler :

carte-localisation-indonesie

  • Pour participer au concours d’essais de l’Ambassade d’Indonésie en France ouvert aux professeurs de collège et de lycée de France métropolitaine (toutes matières confondues)  (si le dispositif est reconduit en 2017) :

http://www.atdikparis.org/id_ID/concours-dessais-2016/

  • Le n°2 d’Histoire de Dautet le petit journal de l’AP que j’avais rédigé pour mes élèves de Première à mon retour d’Indonésie en mai 2015  et qui est une introduction à l’Indonésie (20 pages) avec quelques éléments supplémentaires sur la langue indonésienne, le batik, le système scolaire…

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